Après les feux, les animaux sauvages ont-ils eu assez de répit avant l’ouverture de la chasse ?
L’ouverture de la chasse démarre, ce dimanche 13 septembre, dans l’incompréhension chez les milieux écologistes et les associations environnementales. Alors que les incendies hors-norme de l’été faisaient rage, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et l’Association pour la protection des animaux sauvages ont été parmi les premières à demander son report. Une pétition lancée au lendemain du feu à Fontainebleau, appelant à un « moratoire immédiat » , a aussi atteint les 500 000 signatures sur la plateforme Change.org .
Après cet été de brasiers, c’est la sécheresse qui se poursuit : 74 départements sont en situation de « crise » ce week-end. Dans ce contexte, l’ouverture de la chasse « est surréaliste, inacceptable » , dénonce Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, auprès du HuffPost . « La faune sauvage a besoin de paix et les chasseurs les plus responsables l’ont compris » , estime le président.
Comme chaque année, les dates d’ouverture de la chasse, fixées par arrêté préfectoral, s’échelonnent tout au long du mois de septembre, par département. Dès ce dimanche, elle est possible en Gironde, dans le Var ou dans les Landes - des départements marqués par les feux de forêt cet été - pour les gibiers sédentaires et les oiseaux migrateurs.
Des secteurs incendiés demeurent toutefois fermés en Gironde et sont donc « inaccessibles à la pratique de la chasse » , a fait savoir la préfecture à l’AFP. Plus tôt dans l’été, plusieurs arrêtés avaient déjà été pris pour suspendre ou limiter la chasse dans une vingtaine de départements.
Face aux critiques, Thibault Varenne, le président de la fédération de chasse du département, dénonce des appels anti-chasse « éloignés du terrain » . À l’inverse des écologistes, les chasseurs anticipent un repeuplement « très fort » des zones brûlées par les animaux « d’espaces ouverts » comme les faisans et les lièvres.
La question du répit de la faune sauvage est en réalité « complexe » , souligne auprès du HuffPost Simon Chollet, écologue et maître de conférences à l’Université de Rennes. « C’est difficile de montrer scientifiquement ce qu’il en est car on découvrira la plupart des conséquences dans un ou deux ans. Il faut passer l’hiver et attendre la prochaine saison de reproduction » , explique le spécialiste.
En forêt de Fontainebleau ou dans les Landes, il est en effet encore trop tôt pour estimer les pertes, selon les associations et institutions contactées par Le HuffPost , dont l’Office national des forêts. « Il y a beaucoup d’espèces dont on n’est pas capable d’évaluer les pertes, notamment par manque d’accès aux zones sinistrées. Il faudra du temps » , appuie Allain Bougrain Dubourg. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait évoqué des « chiffres catastrophiques » pendant l’été, sans détailler davantage.
« Les espèces les plus impactées par les feux, ce ne sont pas les espèces chassables, car ce sont plutôt les amphibiens, les reptiles, les petits mammifères, reprend Simon Chollet. Mais les animaux capables de s’échapper, c’est-à-dire les oiseaux et les mammifères, des espèces chassables donc, voient leur capacité de reproduction drastiquement se réduire.
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