D’AA — à A + : l’agence Scope Ratings dégrade la note de la France
L’agence de notation Scope Ratings a annoncé vendredi 18 septembre 2026 avoir dégradé la note de la dette française, de AA — à A +, en raison du dérapage des finances publiques et d’un « contexte politique difficile » , la plaçant toutefois sous perspective « stable » contre « négative » précédemment.
En cause, la « détérioration persistante des perspectives budgétaires » avec « une hausse de la dette publique, des déficits budgétaires toujours élevés et des progrès limités en matière de réformes structurelles » , a justifié Scope Ratings dans son communiqué.
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L’agence, qui pointe les « difficultés du gouvernement à respecter les objectifs de déficit qu’il s’était lui-même fixés » , relève aussi « la forte hausse » du taux des emprunts français depuis janvier 2026, qui limiteront encore davantage sa « marge de manœuvre » et nécessiteront encore plus d’efforts « pour stabiliser la dette publique » .
À cela s’ajoute un « contexte politique difficile » , marqué par « une fragmentation et une polarisation accrue » depuis la « dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 » . Cette « fragmentation politique » , qui a « entravé les efforts d’assainissement budgétaire et compliqué la mise en œuvre des réformes structurelles » , devrait rester « élevée au-delà de l’élection présidentielle de 2027 » , estime Scope.
Sa décision survient au lendemain de la présentation par le Premier ministre français, Sébastien Lecornu , des grandes lignes du budget pour 2027.
Ce dernier prévoit un « effort » d’ « environ 54 milliards d’euros » pour atteindre 5 % de déficit, après 5,4 % cette année, en mettant notamment retraités et fonctionnaires à contribution.
Le gouvernement visait auparavant 5 % de déficit en 2026, mais avait prévenu il y a une semaine que cette cible ne serait finalement pas atteinte, en raison notamment des différents « chocs » subis par l’économie française (sécheresse, guerre au Moyen-Orient…).
En pleine incertitude budgétaire et politique avant l’élection présidentielle au printemps, la France a vu son taux d’emprunt à dix ans grimper à 4,50 % mi-septembre, du jamais-vu depuis 2008.
Revenue au cœur des débats, sa dette publique a augmenté à 3 536,1 milliards d’euros au premier trimestre, à 117,5 % du produit intérieur brut (PIB), selon l’Insee.
Fin août, l’agence Fitch Ratings avait décidé de maintenir la note de la dette souveraine de la France à A +, niveau auquel elle l’avait abaissé en septembre 2025, avec une perspective toujours stable.
Pour faire passer le budget 2027, débattu à partir d’octobre, Sébastien Lecornu promet de ne pas recourir à l’article 49.3 ni aux ordonnances, à condition qu’il n’y ait pas « d’obstruction parlementaire » .
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