Pratiquer ce sport à haut niveau est dangereux pour le cerveau, mais c’est probablement pire que ce que nous pensions
Le constat n’est pas nouveau. Dès 2002, le neuropathologiste Bennet Omalu révélait les dégâts au cerveau causés par la pratique intensive du football américain. Cependant l’ampleur du phénomène reste encore à évaluer avec précision. Une étude de l’Université de Boston et de la Concussion & CTE Foundation, parue fin août, dans la revue scientifique The BMJ , apporte un nouvel éclairage alarmant. Selon elle, il n’est pas exclu que la quasi-totalité des joueurs présente une encéphalopathie traumatique chronique. Il s’agit d’une maladie dégénérative qui se développe après avoir subi des traumatismes répétés. Elle est notamment à l’origine de troubles de mémoire, de concentration et de l’humeur. Dans les cas les plus avancés, elle peut se muer en démence franche.
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Pour poser ce postulat, le docteur Daniel H. Daneshvar, chercheur à Harvard, et ses nombreux co-auteurs, se sont basés sur l’examen de cerveaux de joueurs décédés. Au cours de cette période 2008/2021, 1712 anciens professionnels de NFL [National Football League, le championnat étatsunien] sont morts. Parmi eux, 338 ont fait don de leurs organes à la science. Pour éviter les biais, ceux-ci ont été confiés à des neuropathologistes qui ignoraient leurs antécédents cliniques et sportifs. Deuxième étape : « Des cliniciens, ignorant le statut neuropathologique, ont examiné les dossiers médicaux des donneurs et les antécédents cliniques rapportés par leurs proches afin de confirmer ou d’infirmer le diagnostic de démence », poursuit la publication.
Résultat : 315 anciens joueurs présentaient un diagnostic d’encéphalopathie traumatique chronique, soit 93,2 % de l’échantillon. Les trois quarts étaient concernés par des formes graves. Des démences ont aussi été constatées chez 59,8 % des donneurs avec un âge d’apparition moyen à 63,4 ans.
Ces chiffres sont éloquents. Ils ne peuvent toutefois pas être étendus à l’intégralité de joueurs NFL décédés. Les cerveaux de 1 712 non-donneurs n’ont pas livré leurs secrets et les chercheurs soulignent que leur échantillon n’est peut-être pas représentatif. Les dons ont généralement été accordés par les familles, qui suspectaient ce type d’affections. « Il y a de bonnes raisons de croire que les joueurs donateurs sont un peu différents des autres. Ils ont généralement une carrière plus longue et ont participé à davantage de Pro Bowls [les matchs de gala regroupant les meilleurs joueurs de la saison] » , souligne le magazine New Atlas . Dans l’hypothèse la plus basse posée par l’étude, l’encéphalopathie traumatique chronique concernerait tout de même un quart des anciens athlètes décédés.
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La publication n’a pas manqué de faire réagir aux États-Unis, alors que la nouvelle saison s’est ouverte le 9 septembre . La NFL s’est contentée d’un commentaire sobre, mettant en avant « qu’elle travaillait sans cesse à rendre ce sport plus sûr » , rapporte Yahoo. Ces dernières années, la ligue a notamment encouragé la réduction des contacts à l’entrainement et le port d’un casque renforcé.
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