40 % des associations féministes disent refuser des bénéficiaires faute de moyens, selon la Fondation des femmes
D’après la directrice des projets de la Fondation des femmes, invitée jeudi 17 septembre 2026 sur Franceinfo , « 40 % des associations […] disent devoir refuser des bénéficiaires » , faute de moyens.
Comme le détaille Laura Slimani, 120 associations ont été interrogées par la Fondation pour réaliser son baromètre. Il en ressort que 60 % d’entre elles se disent en mauvaise santé financière et 80 % disent ne pas disposer du personnel suffisant. « Il y a un certain nombre de femmes et d’enfants qui trouvent des portes closes parce que les associations n’ont pas les moyens pour [les] accompagner », déplore-t-elle.
La Fondation des femmes note également « qu’il y a eu en dix ans un doublement du nombre de femmes et d’enfants accompagnés par ces associations » . « C’est une augmentation très forte des besoins sur le terrain, évidemment corrélée à la libération de la parole dans le cadre du mouvement #MeToo et dans le cadre du Grenelle des violences conjugales. On voit aussi que ça correspond à peu près à l’augmentation des plaintes enregistrées par les services de police et de justice sur la même période. »
« On tire la sonnette d’alarme : c’est au gouvernement […] de prendre ses responsabilités sur ces milliards d’euros qui sont nécessaires », martèle Laura Slimani.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé mardi une enveloppe de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. La Fondation des femmes estime que le double est nécessaire pour « soutenir ce tissu associatif local qui, au quotidien, accueille, oriente ces femmes, leur prodigue un premier accompagnement social, juridique » .
Sans ces moyens, Laura Slimani estime qu’ « on va continuer de constater ce qu’on constate depuis déjà deux ans, c’est-à-dire l’augmentation des féminicides » , avec le risque supplémentaire pour les victimes non accompagnées de « s’enfoncer dans une forme de précarité, d’avoir des grosses problématiques de santé mentale, de tentative de suicide » .
Depuis le 7 septembre, une commission spéciale de l’Assemblée nationale étudie une loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles, qui sera ensuite présentée à l’hémicycle.
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