RÉCIT. Emmanuel Macron en visite à Saint-Pierre-et-Miquelon, un petit territoire au cœur de grands enjeux
N’en déplaise à Donald Trump , le drapeau des États-Unis ne flottera pas ce week-end sur Saint-Pierre-et-Miquelon . Car, non, l’archipel français n’est pas un énième État de l’Oncle Sam comme le président américain l’a imaginé avec provocation. La semaine passée, il a publié une carte fantaisiste où un drapeau américain était apposé sur un nombre impressionnant de territoires n’appartenant pas à l’État fédéral.
Par contre, le drapeau du Canada , dont les frontières figuraient aussi dans la fiction expansionniste de Trump, pourra être fièrement hissé sur le seul territoire ultramarin d’Amérique du Nord. En effet, dimanche 20 septembre, le président Emmanuel Macron et Mark Carney, le Premier ministre canadien, se sont donné rendez-vous sur ce petit caillou français de 242 km 2 situé à 4 200 km de Paris.
Une rencontre pour affirmer la souveraineté des nations et marquer la force de la relation qui unit les deux pays », comme l’a précisé l’Élysée. Une relation historique, diplomatique mais avant tout géographique puisque l’archipel est situé à une vingtaine de kilomètres de la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador.
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Cette première visite officielle d’un chef de gouvernement canadien sur l’archipel s’inscrit dans un voyage de trois jours du président français programmé du 19 au 21 septembre. Depuis son élection en 2017 et réélection en 2022, Emmanuel Macron n’avait encore jamais foulé la terre découverte par Jacques Cartier au XVIe siècle et devenue française en 1816.
Alors ce week-end, il fera d’une pierre deux coups. D’un côté, une séquence pour afficher l’unité franco-canadienne dans un contexte géopolitique en tension. De l’autre, 72 heures d’escale pour être à l’écoute des 5 790 habitants de ce petit bout de France, le moins peuplé des outre-mer et l’un des plus isolés.
Nous avons beaucoup de choses à lui dire et lui montrer, s’enthousiasme Bernard Briand, le président de la collectivité depuis 2020. Nous sommes un territoire relais entre la France, l’Europe et le Canada. Cela mérite des engagements à la hauteur de notre archipel.
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Les défis à relever sont nombreux. Le premier d’entre eux, éviter que les deux îles, Saint-Pierre, le chef-lieu (5 194 habitants), et Miquelon (596), ne se meurent. Là, comme dans d’autres territoires ultramarins, la déprise démographique s’accélère.
Même si, pour 2026, un chiffre record d’une soixantaine de bébés est annoncé, on continue d’y mourir davantage que d’y naître. Nous avons 280 jeunes qui partent chaque année aux études dans l’hexagone ou au Canada voisin, poursuit l’édile. La plupart ne reviennent pas car ils ne trouvent pas d’emplois à la hauteur de leurs compétences.
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Résultat, la population vieillit et l’économie se tend. Ce contexte pèse sur les perspectives de développement des entreprises locales.
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