Umberto Eco, un intellectuel hors limites 1/5 : Les villes de sa vie
Umberto Eco évoque son image publique, le rôle des médias qui érigent les intellectuels en oracles, mais surtout son rapport aux villes. De Paris à New York, en passant par Rome ou Alexandrie, il raconte comment chacune éclaire un moment de sa vie et de sa mémoire.
Umberto Eco revient sur son image et sa réputation d'homme drôle, qui le précède parfois avant même qu'il n'ouvre la bouche. Son humour fascine autant qu'il dérange, et il s'en amuse.
Il évoque aussi le rôle des médias, qui transforment "les intellectuels en oracles" : la moindre de leurs phrases, même la plus banale, apparaît comme une opinion digne d'intérêt.
Mais il parle surtout des villes qu'il aime et de celles avec lesquelles il entretient une relation plus ambiguë. "L'aspect le plus intéressant d'une vie, c'est de reconstituer continuellement son passé" , confie-t-il. Dans les années 1950, il parcourait un Paris médiéval ; aujourd'hui, c'est le Paris du 17ᵉ siècle qu'il cherche à retrouver. "On prend d'une ville ce qu'elle peut offrir au fur et à mesure que vos intérêts changent. " Il y a des villes plus villes que d'autres, celles où il se voit vivre : Paris et New York, mais aussi Barcelone et Amsterdam, occupent ainsi une place importante dans sa vie.
Avec Rome, en revanche, "c'est une histoire d'amour qui est finie". Quant à Alexandrie, dans le Piémont, où il est né, il la décrit comme une ville "violente et vulgaire", à l'opposé des autres cités de la région, plus connues pour leur douceur de vivre.
Une série d'entretiens proposée par Francesca Piolot. Réalisation : Nicole Salerne.
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