Dans « Vivre sans bonheur et n’en point dépérir », Véronique Ovaldé dresse le portrait d’une mère sacrifiée
« Les années passent. La Mère rétrécit et voit ses contours devenir de plus en plus flous. Bientôt elle pourra se désagréger tout à fait et se dissoudre dans l’air confiné de sa cuisine. » Véronique Ovaldé est l’autrice de nombreux romans, parmi lesquels « Ce que je sais de Vera Candida », « A nos vies imparfaites » , « Personne n’a peur des gens qui sourient » . Pour la première fois, elle s’essaie au roman familial et lève le voile sur son enfance passée sous la coupe d’un patriarche craint de tous et auprès d’une mère aimante. Pour ce faire, elle s’attache à dessiner le portrait de sa mère. L’évocation de cette femme dont la douceur et la soumission tendent au sacrifice esquisse en miroir la figure de son tyran de mari.
Cette histoire malheureusement banale décrit aussi une époque où les femmes n’avaient pas de compte en banque, où elles devaient avoir l’assentiment de leur mari pour travailler. Une époque charnière où, pourtant beaucoup de droits ont été conquis, beaucoup de progrès ont été réalisés. Des femmes de la génération de la mère de l’écrivaine, certaines sont restées sous le joug de leur époux, d’autres se sont émancipées , parce qu’elles ont su ouvrir les portes, saisir les perches ou qu’elles ont eu plus de chance.
Véronique Ovaldé sublime le destin de sa mère en lui inventant d’autres possibilités, d’autres choix, d’autres vies. Ce parti pris original et réussi tient en haleine le lecteur qui tressaille, se laisse piéger, se révolte, espère. Une lueur va-t-elle finir par apparaître dans ce champ de ruines et de renoncements ?
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ouest-france.fr — le contenu appartient à Ouest-France.