Gérald Darmanin reconnaît "un peu de retard" et "un manque de moyens" dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs
En visite à la prison de Réau, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a réagi à la publication d'une note où il détaille les défaillances dans le traitement judiciaire des violences sexuelles sur mineurs. "Nous devons mieux travailler" sur le traitement des dossiers relatifs aux violences sexuelles sur mineurs , a admis le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, ce mercredi 12 août, à l’issue de sa visite à la prison de Réau (Seine-et-Marne).
"On voit des dizaines de milliers de plaintes, traitées avec un peu de retard, par manque de moyens certainement, mais aussi par manque de priorisation (...)", a déclaré le garde des Sceaux devant la presse, deux semaines après la publication d'une note ayant fait polémique.
Dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le 29 juillet dernier, Gérald Darmanin avait évoqué des défaillances dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs.
Long de 12 pages et titré " Suites de l'affaire Lyhanna ", le document révélé par Le Monde , puis consulté par BFMTV, pointait du doigt un manque d'effectifs au sein des autorités compétentes, des logiciels vétustes et des dossiers laissés à l'abandon.
"Cette note n’avait pas de raisons d’être publiée", a souligné Gérald Darmanin. "Il faut que nous mettions plus de moyens budgétaires, et plus de priorisation. Les viols sur mineurs, c’est plus grave que les cambriolages, je l’ai dit aux magistrats. Nous devons mieux travailler. Je prends ma part comme ancien ministre de l’Intérieur", a insisté le Garde des Sceaux, resté quatre ans Place Beauvau.
Deux jours plus tôt, le Syndicat de la magistrature a critiqué la démarche de Gérald Darmin, l'accusant d'"instrumentaliser les chiffres". "Il est tout simplement intolérable de voir le gouvernement procéder à un énième inventaire de l’incurie judiciaire alors même que les problématiques structurelles sont objectivées et dénoncées depuis de nombreuses années", a réagi le Syndicat de la magistrature.
Début août, l'Association nationale de police judiciaire ( ANPJ ) a, de son côté, dénoncé "l'hypocrisie" et "la trahison" du ministre de la Justice. "C'est bien son propre bilan de ministre de l'Intérieur que l'actuel ministre de la Justice torpille aujourd'hui", a écrit ANPJ dans un communiqué.
Mort de Lyhanna: Ce que révèle le rapport commandé par Gérald Darmanin 20:22 En réponse aux critiques, Gérald Darmanin a déclaré avoir "demandé aux magistrats de regarder les choses en face". "Ils ont fait un travail très important, de recueil de l’intégralité des plaintes. Ils ont remonté de très bonnes coopérations (avec les services de police et de gendarmerie, ndlr) et de moins bonnes. Ce n'était pas la majorité des cas, c’étaient quelques cas", a-t-il relativisé.
Selon le ministre de la Justice, deux priorités s'imposent désormais: "la lutte contre le narcotrafic, et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants".
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