"Le message est brouillé": un après la reconnaissance de l'État de Palestine, que reste-t-il de l'initiative française?
Un an après avoir reconnu officiellement l'État de Palestine, la France n'a pris que peu de mesures pour rendre cette annonce effective, observe le spécialiste du Moyen-Orient Jean-Paul Chagnollaud. Une déclaration historique, mais sans lendemain? Il y a un an, la France reconnaissait officiellement l'État de Palestine à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, dont une nouvelle session s'est ouverte cette semaine à New York .
Dans le sillage de Paris, onze pays supplémentaires avaient annoncé reconnaître la Palestine comme un État à part entière, portant le total à 157, soit plus de 80% des membres de l'ONU.
Un an après, l'annonce française ne semble toutefois pas avoir été suivie d'effet. L'ambassade française en Palestine, promise par Emmanuel Macron, n'a par exemple toujours pas été créée. Quant à l'existence pleine et entière d'un État palestinien, elle reste un idéal très lointain.
Comment expliquer un tel immobilisme? Jean-Paul Chagnollaud, directeur de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée/Moyen-Orient, répond aux questions de BFM.
La France a été au cœur d'un processus diplomatique très important durant l'année 2025 qui a abouti à la reconnaissance de la Palestine par plusieurs États. Cette démarche s'inscrivait dans la déclaration de New York, votée par 142 États quelques jours plus tôt, qui soutenait la solution à deux États et envisageait une initiative diplomatique globale pour la paix dans la région.
Mais ensuite, les États-Unis ont vite repris la main. À partir du moment où Donald Trump a réussi à imposer son plan pour Gaza , la France n'a plus eu de marge de manœuvre. À partir d'octobre-novembre 2025, elle s'est efforcée d'infléchir les positions américaines tout en refusant - à juste titre - de participer au Conseil de la paix de Donald Trump . La France, à partir de là, a été en grande difficulté et cette situation s'est encore accrue avec le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février dernier.
Les colons ne sont finalement qu'un des bras armés de la politique de colonisation du gouvernement israélien. S'attaquer aux colons, c'est ne pas oser s'attaquer de front à la politique d'État qui est conduite et à la réalité de la situation territoriale d'aujourd'hui.
Quant aux sanctions commerciales qui ont été annoncées début septembre - la diplomatie française fait attention à ne pas prononcer le mot de boycott - il s'agit de faire des restrictions aux importations des produits des colonies, c'est-à-dire surtout des produits agricoles, par exemple les dattes. Il est difficile de croire que les restrictions d'importation de dattes du Jourdain vont peser dans la résolution de la tragédie qui se déroule...
Etat de Palestine: la reconnaissance par la France marque-t-elle un tournant? 17:21 Comment expliquer que la France ne fasse pas davantage pression sur Israël? On voit bien qu'Emmanuel Macron veut aller dans le sens des Palestiniens, sans pour autant perdre complètement le contact avec Israël.
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