« Viser le soleil et l’amener sur l’horizon » : comment ce skipper va naviguer plus de 200 jours grâce à un sextant
Skipper de course au large avec sept solitaires du Figaro au compteur, Damien Guillou a confiance en son GPS. Mais il doit apprendre à se passer de ce petit boîtier qui permet de s’orienter au mieux sur terre comme en pleine mer. Déconnexion obligatoire pendant au moins 212 jours : il est engagé dans la Golden Globe Race qui s’élance ce dimanche 6 septembre, des Sables-d’Olonne (Vendée).
C’est la deuxième participation du Finistérien dans la Golden Globe Race après son abandon en 2022. Cette épreuve singulière se dispute en solitaire, et sans électronique. Elle reprend les conditions de course du mythique Golden Globe Challenge, première course autour du monde, remporté en 1969 par le Britannique Sir Robert Knox Johnston.
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Quand je me suis engagé dans la Golden Globe Race en 2022, je l’avais fait car j’aimais le format de l’épreuve et sa dureté. Je prends du plaisir sur ces bateaux conçus avant 1988. Ma principale interrogation, c’était de savoir si j’allais être capable de naviguer au sextant.
Déterminé à s’aligner dans cette course, Damien Guillou, néophyte de la navigation à l’aide des astres, se rapproche d’un vendeur de sextants. Au bout de deux jours de cours chez lui, j’avais déjà compris plein de trucs. J’ai continué à me perfectionner en lui envoyant des exercices et j’ai progressé grâce aux corrigés qu’il me renvoyait.
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Se repérer en pleine mer grâce au soleil, c’est possible, mais il faut être rigoureux et aimer jongler avec les formules mathématiques. Soit tu réalises un relevé au sextant au moment précis où le soleil est au zénith. Soit tu choisis un moment propice à ta convenance pour viser le soleil avec l’appareil et l’amener sur l’horizon.
La première option, dite de la « méridienne », utilise des formules mathématiques un peu moins compliquées que l’autre possibilité, dite de la droite de hauteur. L’inconvénient de la méridienne, c’est qu’il faut être disponible à un moment précis et tu n’es pas à l’abri de difficultés de relevés si le soleil est voilé. Personnellement, je suis plutôt enclin à faire des droites de hauteur.
La navigation sans GPS, c’est une autre démarche, car le positionnement est moins sûr qu’avec l’électronique. Cela me rappelle quand je naviguais avec mes parents. La carte papier était tout le temps déployée dans le bateau pour se repérer. On se fiait aux amers visibles à la côte. Ce retour aux sources ne rebute pas Damien Guillou. La navigation grâce aux astres, c’est vieux comme le monde. D’ailleurs dans l’histoire de la voile, on a plus longtemps navigué avec le soleil qu’au GPS.
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