Du Super Bowl aux terrains parisiens, le football américain français veut transformer l’essai
Pour la première fois, la France accueillera dimanche un match de la NFL avec la rencontre au Stade de France entre les Saints de La Nouvelle-Orléans et les Steelers de Pittsburgh. Sport roi aux États-Unis, le football américain se développe de plus en plus dans l'Hexagone. Il suscite un engouement culturel et attire de nouveaux joueurs.
Par : Stéphanie TROUILLARD "On se fait plaisir, on est disciplinés. Allez les gars, au boulot ! Let’s go !" Assis, le genou à terre, les joueurs des Dragons écoutent religieusement leur coach avant le début de leur entraînement. Une fois debout, ils se réunissent tous en cercle, le poing levé : "Un, deux, trois, dragons ! Quatre, cinq, six, envie !", crient-ils tous en chœur.
On pourrait se croire dans une série américaine, mais nous sommes bien sur un terrain de sport parisien. Créée en 2011, dans le 15 e arrondissement, l’association ASPT 75 regroupe le seul club amateur de football américain de la capitale – les Dragons – qui évolue en deuxième division. En ce jeudi 15 octobre, les séniors et les U19 s’entraînent. Au bord du terrain, les licenciés enfilent leur tenue réglementaire : un casque, un protège-dents, un bas muni de "pads" (des protections rigides), des épaulières et des gants.
"On loue cet équipement au club. Si on veut notre propre casque, les prix peuvent monter jusqu’à 600 euros pour un bon modèle", explique Nicolas. À 27 ans, ce Parisien est un novice. Il a intégré l'équipe de défense au mois de septembre. "J’ai commencé cette année parce qu’avec ma copine, on regarde le foot US depuis deux ou trois ans. Je suis tombé sur la vidéo d’un youtubeur qui expliquait le parcours de joueurs comme Tom Brady et cela m’a donné envie de connaître ce sport", raconte-t-il.
Après un petit mois d’expérience, Nicolas ne regrette pas d’avoir frappé à la porte des Dragons – dont le nom et le logo font référence à la Garde républicaine. "Dans les grandes lignes, c’est simple, mais dans les faits, c’est de la tactique en temps réel. Ce sont des actions qui durent cinq à quinze secondes. Chacun à son objectif. Si tu te trompes, tu es mort", décrit-il. "J’aime l’esprit d’équipe et la discipline. C’est un sport qui est très noble", ajoute-t-il avec enthousiasme.
À ses côtés, Alexandre, 19 ans, joue depuis deux ans chez les jeunes. Lui a découvert le football américain en lisant un manga : "L'anime 'Eyeshield 21' m’a donné envie de tester ce sport. Je me suis renseigné sur les clubs les plus proches de chez moi et j’ai trouvé les Dragons." Devenu "running back", un des joueurs clés en attaque qui reçoit le ballon du "quarterback" pour aller inscrire un "touchdown", il s’entraîne deux soirs par semaine. "C’est un sport de contact. Du coup, on crée des liens très forts", souligne-t-il. "Ce que j’aime bien aussi, c’est le sérieux qu’il faut garder à l’entraînement. Si tu ne l’es pas, cela va se voir aux matches et tu risques de te blesser."
D’aspect très physique voire violent, le football américain peut effrayer. Chris, 30 ans, se veut toutefois rassurant. Il pratique ce sport depuis 16 ans et affirme que des mesures sont prises, d’année en année, pour limiter les chocs.
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