Centres Afpa sur la sellette, la direction plaide l’urgence
La direction de l’Agence nationale pour la formation professionnelle adulte (Afpa) ne dément pas l’annonce révélée par les syndicats mardi 15 septembre, à la suite d’un conseil d’administration mouvementé : 867 postes supprimés et menace de fermeture de 30 des 142 sites. Mais son directeur général adjoint, Pierre Prady, refuse de la commenter avant l’ouverture officielle du dialogue social le 24 septembre. Il assume néanmoins la nécessité d’un plan de transformation. Il faut dire que le diagnostic est sans appel.
Le chiffre d’affaires est en chute de 25 % entre 2021 et 2025, un quart des recettes est englouti par l’entretien de 2 500 bâtiments dont certains datent de la naissance de l’Afpa en 1949, et la commande publique, dont dépend historiquement l’Afpa, s’effondre. Il n’y a pas un organisme de formation public ou privé qui vous dira que ça va » , constate Pierre Prady. En cause : un marché qui se contracte alors que les organismes, eux, se multiplient.
En Bretagne par exemple, les sites de Morlaix, Saint-Malo et Auray seraient menacés. Si Pierre Prady ne confirme rien, il prévient néanmoins : « Il y a des moments où il faut fermer des centres mais cela ne veut pas dire que nous quittons le territoire » . Remplacer certains sites surdimensionnés par des implantations plus légères, en location, et développer des formations à distances ou dans des formations plus hybrides… différentes pistes potentielles sont envisagées.
L’État, actionnaire principal, met 180 millions d’euros sur la table. Pierre Prady, conscient qu’il faudra les rembourser, y voit un signal de confiance. À l’avenir, nos centres seront probablement plus petits, mais ils seront aussi plus denses et plus beaux » , estime-t-il. Une manière de voir le verre à moitié plein qui ne convaincra probablement pas les partenaires sociaux ni les salariés qui craignent pour leur emploi. D’autant que l’État met certes la main à la poche, mais il est aussi celui qui a libéralisé le marché, au risque de mettre en difficulté son propre opérateur. « Mon rôle n’est pas de me prononcer sur les politiques des gouvernements » .
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