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ENQUÊTE. Sécheresse : qui consomme le plus d’eau en France ?

Ouest-France ·
ENQUÊTE. Sécheresse : qui consomme le plus d’eau en France ?

Les fortes chaleurs et le manque de précipitations entraînent une sécheresse record à l’échelle nationale, y compris dans les zones qui ont été moins touchées par les canicules cet été. Près de 70 % de l’Hexagone doit ainsi se soumettre à des restrictions d’eau, tandis que 40 000 personnes n’ont actuellement pas accès à l’eau potable sur le territoire, a annoncé la ministre de la Transition écologique.

« La sobriété devra devenir notre premier réflexe. Cela vaut pour les particuliers, les collectivités, l’agriculture, l’industrie. Nous devons également mieux partager la ressource entre les usages. L’eau potable restera toujours notre première priorité », a déclaré la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, mercredi 12 août 2026.

Deux termes sont importants à distinguer : l’eau prélevée ou consommée. L’eau prélevée correspond au volume d’eau capté dans un milieu naturel, pour les besoins des activités humaines, qui est ensuite « restituée » au milieu. En 2023, 83 % de l’eau prélevée (hors canaux et hydroélectricité) est ensuite rendue. Dans la majorité des cas, il s’agit d’eau douce. Pour quelques usages particuliers, comme le refroidissement des centrales, il arrive d’avoir recours à de l’eau saumâtre ou salée, si la structure est située aux abords des estuaires ou sur le littoral.

La part d’eau réellement « consommée » correspond alors à la proportion prélevée qui n’est pas restituée au milieu naturel après utilisation. En moyenne, entre 2010 et 2020, le volume annuel d’eau consommée est estimé à 4,1 milliards de m 3 en France métropolitaine.

Cette proportion varie fortement selon les saisons : les mois de juin à août concentrent environ 60 % de la consommation annuelle d’eau en lien avec les besoins d’irrigation agricole. Or, il y a moins d’eau à cette période. Ce décalage saisonnier crée une pression sur les écosystèmes aquatiques et les réserves d’eau, entraînant des restrictions.

« Normalement, on a assez d’eau pour tout ce dont on a besoin en France, souligne Esther Crauser-Delbourg, économiste de l’environnement et spécialiste des questions de ressources en eau. Le problème, c’est que nos besoins économiques augmentent en même temps que sa répartition sur le territoire évolue : certains en ont beaucoup, parfois beaucoup trop, alors que d’autres en manquent. Et ensuite, il y a notre façon de se la répartir. »

En France, les grands usages économiques de l’eau sont la production d’énergie, l’industrie et l’agriculture - le nucléaire étant le premier préleveur et l’agriculture étant le plus consommateur (61 %), selon les derniers chiffres disponibles fournis par le Service des données et études statistiques (Sdes).

Cette eau est utilisée pour l’irrigation des cultures, quand la pluie n’est pas suffisante. Les trois cultures les plus gourmandes sont le maïs ensilage (38 %), le blé (12 %) ainsi que certains fruits et légumes (9 %, notamment les fraises et les melons). « Le maïs à ensilage est principalement destiné à l’alimentation animale, et non à la consommation humaine.

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