Pourquoi les fruits et légumes sur les étals devraient coûter plus cher et être "plus moches" dans les prochaines semaines
Des fruits et légumes plus "moches" devraient faire leur apparition dans les rayons de certains supermarchés. Il s'agit d'une mesure de soutien aux agriculteurs décidée par Carrefour et Coopérative U, pour les aider à écouler leur marchandise abîmée par la sécheresse. Les prix des fruits et légumes devraient aussi augmenter. Un été catastrophique. La sécheresse provoquée par les cinq canicules des deux derniers mois a engendré de lourdes pertes pour les agriculteurs . En attendant la mise en place de mesures gouvernementales , qui pourraient être annoncées d'ici la fin du mois d'août, certaines enseignes de la grande distribution ont décidé de donner un coup de pouce aux maraîchers.
C'est le cas de Carrefour et Coopérative U, qui ont annoncé, vendredi 14 août, un assouplissement de leurs cahier des charges. Habituellement, les fruits et légumes sont acceptés par les supermarchés sur des critères esthétiques stricts: taille, forme, couleur doivent correspondre aux attentes des consommateurs. Les fruits et légumes sont triés et classés dans des catégories : extra pour les plus "beaux", 1, et 2.
Bien souvent, les fruits et légumes que vous trouvez en rayons sont de catégorie 1. Les fruits et légumes dits déclassés, ou encore " fruits et légumes moches ", font parfois l'objet d'opérations spéciales pour les promouvoir: moins chers, ils sont pourtant gustativement et nutritionnellement parlant tout aussi bons. Pourtant, les consommateurs y adhèrent peu et préfèrent se tourner vers des produits plus esthétiques.
Raison pour laquelle la grande distribution privilégie les catégories extra et 1. Mais la sécheresse a fortement abîmé les récoltes: de nombreux fruits et légumes qui ont manqué d'eau sont plus petits ou n'ont pas leur aspect habituel. Pour éviter qu'ils soient jetés, et permettre d'assurer le revenu des agriculteurs, Carrefour et U ont donc décidé de les accepter en rayons.
Ce n'est pas la seule mesure prise par ces acteurs: ils vont également accélerer le paiement de 30 jours à 15 jours, et augmenter le prix d'achat. L'objectif: compenser les surcoûts liés aux adaptations que les agriculteurs ont dû mettre en place pour lutter contre la chaleur. On peut donc craindre, naturellement, une hausse de prix en rayons.
Interrogé par Le Monde , un porte-parole de Coopérative U assure que l'enseigne rogne sur ses marges pour contenir les augmentations de prix, mais reconnaît que "ça devient compliqué". Le quotidien relève des hausses de l'ordre de 40% pour les laitues et de 35% pour les tomates grappe, par rapport à 2025.
Et la plupart des fruits et légumes devraient être concernés, en tout cas tous ceux dont la production a baissé à cause de la sécheresse: -30% pour la carotte, 25% pour la courgette, 60% pour le brocoli... une liste non exhaustive. Or, selon une logique économique très simple, si l'offre baisse mais que la demande se maintient, les prix augmentent.
Faut-il craindre un risque de pénurie? Ces dernières semaines, les salades entières et en sachet ont manqué dans les rayons des supermarchés. Mais les producteurs s'inquiètent également pour les mois à venir, et les légumes censés sortir de terre en automne/hiver.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.bfmtv.com — le contenu appartient à BFMTV.