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Monde

«C'était ça ou mourir», premier roman du Québécois d'origine haïtienne Thélyson Orélien

RFI ·
«C'était ça ou mourir», premier roman du Québécois d'origine haïtienne Thélyson Orélien

Avec ce premier roman portant sur la question brûlante de l’immigration, publié par les éditions Grasset, le Québécois d’origine haïtienne Thélyson Orélien promet d’être l’un des auteurs phare de la rentrée littéraire 2026-27. Paru au Québec en mars dernier, C’était ça ou mourir y a fait un carton, s’imposant comme le numéro un des ventes de livres francophones. Les droits du roman ont été cédés à 21 éditeurs à travers le monde, du jamais vu dans les annales des éditions Boréales qui publient le livre au Canada. À mi-chemin entre autobiographie et fiction, le roman raconte l’odyssée bouleversante d’un professeur d’histoire haïtien, qui fuit son île natale à la recherche d’une terre d’asile.

RFI : Comment s’explique selon vous l’engouement du grand public et des éditeurs pour votre livre alors que l’immigration est devenue à travers le monde occidental l’une des thématiques les plus passionnelles nourrie par une actualité surchauffée ?

Thélyson Orélien : Disons d’abord combien je suis heureux de ce succès. Que le grand public me lise et m’apprécie, cela m’emplit de gratitude et d’humilité. Ce livre n’est pas un plaidoyer pour l’immigration , qui est un sujet passionnément débattu aujourd’hui à travers le monde. Mais avant d’être un sujet de débat, la migration est une expérience humaine et c’est ce côté humain que j’ai voulu mettre en avant dans ces pages. J’ai écrit ce livre d’une part pour les migrants pour restituer les épreuves qu’ils ont dû traverser. J’ai écrit ce livre aussi pour mes concitoyens du Canada où je vis depuis maintenant quinze ans. Je suis intimement convaincu que si les hommes et femmes des pays développés connaissaient l’odyssée des migrants, les dangers mortels auxquels ils doivent s’exposer afin de pouvoir survivre et refaire leur vie, ils comprendraient le sens de leur démarche et ne les laisseraient pas périr au bord de la route. Survivre est un instinct humain. C’est cet instinct qui est à l’œuvre dans le cas de mon personnage Jonas qui, comme le titre de mon roman le rappelle, a seulement le choix entre quitter son pays ou mourir.

« Survivre est un instinct humain » : peut-on dire que c’est cela le message de ce roman ?

Je me méfie des romans à message. Un roman n’est pas un programme politique. L’idée de ce livre est née de la rencontre totalement fortuite que j’ai faite d’un groupe de migrants qui avaient quitté leur pays à la recherche de conditions de vie dignes que leur pays natal ne pouvait leur assurer. Ils n’avaient pas d’autre choix que de s’enfuir. Ils ont dû surmonter des épreuves surhumaines, vivre des tragédies personnelles avant d’atteindre un territoire, une région qui voulait bien d’eux. Ce sont ces rencontres qui m’ont décidé à écrire ce livre, en renouvelant le récit de migration. En fait, les livres qui racontent l’immigration sont bourrés de statistiques, de détails sur les frontières, de politiques qui masquent la dimension humaine. Dans ces livres sur l’immigration, on ne voit pas les êtres humains qui traversent les frontières à leurs risques et périls.

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