"Il suffit de taxer les riches !" : comment répondre à vos amis de gauche sur la dette, le Smic ou les retraites
Alors que la France s'enfonce dans une crise de la dette qui se triple d'une crise politique et d'une faillite sécuritaire , le "spread" ou le taux d'intérêt des OAT (obligations assimilables du Trésor) font désormais, dans les dîners en ville comme au café du commerce, l'objet de commentaires aussi passionnés que le dernier match de Ligue des champions ou la prochaine élection présidentielle.
Mais si notre pays est particulièrement ciblé du fait de l'état de ses finances publiques et d'une croissance en berne, il y a toujours de bonnes âmes pour minimiser le problème, rejeter toute la faute sur Emmanuel Macron ou trouver des solutions lapidaires qui contiennent généralement les mots "Zucman" ou "riches".
Voici un tour d'horizon des arguments préférés de vos amis de gauche, avec une explication, à l'aide d'économistes reconnus, de pourquoi cela n'est pas si simple...
Argument n°1 : "Il suffit d'effacer la dette" Jean-Luc Mélenchon manie aussi bien le verbe que l'ardoise magique.
Encore récemment devant une salle comble à Clermont-Ferrand, le leader de LFI vantait sa méthode pour éviter une crise de la dette.
"Je suis le seul à avoir dit comment on pouvait la rembourser (…).
Si vous baissez la quantité de dette que nous avons, la confiance reviendra".
Simplissime.
Commençons déjà par la partie en question qu'il suffirait de gommer.
Il s'agit des quelque 600 milliards d'euros d'obligations publiques détenues par la Banque de France - soit près de 20 % de la dette tricolore -, d'après les dernières statistiques révélées par l'institution.
Ce "trésor de guerre" est le résultat des deux programmes d'achats de titres publics pilotés par la Banque centrale européenne (BCE) au cours de la dernière décennie pour permettre aux Etats de la zone euro de maintenir à flot leurs économies.
Sauf que le tour de passe-passe de Jean-Luc Mélenchon se heurte à un verrou juridique.
Même si l'actionnaire de la Banque de France est l'Etat français, l'institution parisienne est l'une des briques de l'Eurosystème.
Ce Meccano, qui régit le fonctionnement de la monnaie unique, est gravé dans le marbre du traité de Maastricht.
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