Shein va entrer en Bourse le 1er septembre : le géant chinois de la fast-fashion au défi de relancer la croissance
Shein sera cotée à la Bourse de Hong Kong à partir du 1er septembre, a annoncé la plateforme chinoise de fast-fashion ce lundi 24 août. Une cotation qui intervient au moment où l’entreprise voit son modèle économique fragilisé par les taxes et les législations à l’international.
C’est un géant chinois bien connu des Français qui s’apprête à faire son entrée en Bourse. La plateforme de fast-fashion Shein a en effet annoncé, ce lundi 24 août, qu’elle serait cotée à la Bourse de Hong Kong à partir du 1er septembre. Cette cotation doit lui permettre de lever des fonds afin de financer ses capacités technologiques et renforcer sa présence internationale, a précisé la société. Surtout, elle intervient à un moment où le champion de la mode à prix cassés, confronté à une méfiance croissante des autorités occidentales et à des critiques sur son impact sur l’environnement, cherche à relancer une croissance qui s’est essoufflée.
Fondée en Chine en 2012 et désormais basée à Singapour, Shein compte mettre sur le marché 280 millions d’actions à un prix compris entre 47,60 et 49,50 dollars de Hong Kong, selon un communiqué publié à la Bourse de Hong Kong. Cela lui permettrait de lever jusqu’à 13,86 milliards de dollars de Hong Kong (1,5 milliard d’euros environ au taux actuel) pour une capitalisation de 210,3 milliards de dollars de Hong Kong (environ 23 milliards d’euros). Le prix final sera annoncé le 31 août pour un début de cotation le lendemain.
Il y a quatre ans, Shein était valorisée près de 100 milliards de dollars, soit quatre fois plus que la capitalisation boursière visée aujourd’hui. Pourtant, ses ventes ne se sont pas effondrées : en 2025, Shein a affiché un chiffre d’affaires de 41,8 milliards de dollars américains, livré plus d’un milliard de commandes dans le monde et dégagé un bénéfice net de 2,1 milliards de dollars.
Mais la plateforme est tombée dans le rouge début 2026 avec 99 millions de dollars de perte nette au premier trimestre. Sa marge opérationnelle est quant à elle tombée sous les 3 %, très loin de celle des géants traditionnels du prêt-à-porter. En cause, selon la plateforme : une concurrence accrue de nouveaux acteurs ainsi que l’évolution de la réglementation dans les marchés où elle est présente. Shein est en effet confrontée aujourd’hui à un défi de taille : adapter son modèle économique aux nouvelles réglementations occidentales.
Pendant des années, la plateforme chinoise a pu compter sur l’exemption des droits de douane pour les petits colis. Des exemptions que les Etats-Unis et l’Europe ont depuis supprimées, Bruxelles instaurant notamment une taxe de trois euros . L’entreprise a d’ailleurs affirmé ce lundi que la fin des exemptions douanières aux Etats-Unis la soumettait à un niveau « nettement plus élevé » de taxation, sans compter les droits de douane supplémentaires imposés par Donald Trump sur les produits chinois.
Face à cette nouvelle donne, le groupe se voit donc contraint de multiplier les investissements dans la logistique, en construisant des entrepôts afin de stocker une partie de ses vêtements au plus près des 273 millions de clients qu’il compte dans plus de 150 pays.
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