John Coltrane (1926-1967), à bout de souffle
Le saxophoniste le plus célèbre de l’histoire du jazz est né il y a un siècle. Il sera emporté par un cancer 40 ans plus tard. Dans cette vie courte, mais dense, tendons l’oreille aux dernières années : celles où John Coltrane fut le plus créatif, le plus intense, mais aussi le plus incompris.
En 1964, John Coltrane est un musicien en vue. Non seulement il a enregistré dans un passé proche deux albums adoubés par la critique, et bien vendus – Giant Steps (1960) et My Favorite Things (1961). Mais aussi, il appartient à cette avant-garde qui bouscule le jazz, sautant du be-bop (le style de Charlie Parker) au hard-bop (plus swing, organique et rythmé), du modal (peu d’accords, influences indiennes et africaines) au free-jazz.
Et tout le monde sait que Coltrane a étudié et joué avec les plus grandes pointures de l’époque . Son carnet d’adresses compte alors Miles Davis (il fut membre de son quintet à partir de 1955), Sonny Rollins (1956), le pianiste Thelonious Monk (1957), Stan Getz (1960), Duke Ellington (1962), ou encore les trois grands du free-jazz (Ornette Coleman, Albert Ayler et Don Cherry).
Pourtant, John Coltrane n’a pas toujours été compris, ni apprécié . Dans les années 1950, la presse américaine l’avait surnommé the angry young tenor (le jeune ténor en colère), car il jouait vite, très vite. La presse française l’étrillait volontiers, et lors de son premier concert à Paris, à l’Olympia en mars 1960, une partie du public le siffla copieusement. Toute sa vie, Coltrane aura à répondre aux critiques, qui, sans l’empêcher de continuer à expérimenter, l’affecteront beaucoup.
Car le saxophoniste est un ultra-sensible, un homme mélancolique, et taiseux . C’est peut-être pour cela qu’il sombrera dans l’addiction, pendant dix ans. L’héroïne était alors largement consommée dans le milieu du jazz américain. Coltrane s’en libère en 1957, lors d’un sevrage qu’il décrira comme une expérience mystique, mise en regard avec celle qu’il vit au août 1964.
Cet été-là, dans la maison qu’il occupe avec Alice Coltrane et leurs enfants, John monte au grenier pour méditer, avec son saxophone. Lorsqu’il en redescend, quelques jours plus tard, il tient entre ses doigts l’un des albums les plus acclamés de l’histoire du jazz.
Remerciements chaleureux à Anne-Teresa de Keersmaeker, Christian Vander, et Raphaël Imbert. Ce documentaire a été nourri de nombreux concerts, lectures, rencontres et discussions, de et avec Sakina Abdou, Christian Vander, Joëlle Léandre, Archie Shepp.
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Un documentaire de Guillaume Loiret, réalisé par David Jakubowiez . Lectures, In Koli Jean Bofane. Prises de son, Valentin Azan Zielinski, Yann Fressi et Antoine Viossat. Mixage, Julien Doumenc. Voix de doublage, Josepha Lebrun. Documentaliste INA, Léa Boisaubert. Conseiller éditorial, Emmanuel Laurentin. Chargées de programme et édition web, Laura Dutech Perez et Sandrine Chapron.
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