Accusée d’avoir tué ses deux maris, sa mère, son père… Comment Marie Besnard est devenue « l’empoisonneuse du siècle »
L’affaire qui nous intéresse aujourd’hui se déroule dans une petite ville de province, à Loudun (Vienne), quelques mois seulement après la Seconde Guerre mondiale. Nous sommes en 1949 et après des commérages en ville, Marie Davaillaud, veuve Besnard, est convoquée par la police. On la soupçonne d’avoir assassiné son mari Léon, décédé deux ans auparavant, empoisonné à l’arsenic !
Retour en arrière. 1947 : Marie Besnard, fille d’agriculteurs aisés, vit à l’abri du besoin avec son mari Léon depuis dix-huit ans. Elle a épousé ce propriétaire foncier en 1929, alors qu’elle était veuve d’un premier mariage. Au début du mois d’octobre 1947, le couple passe quelques jours de vacances pour profiter de l’été indien dans la ferme des Liboureaux, l’ancienne exploitation agricole des parents de Marie, à Saint-Pierre-de-Maillé (Vienne). Leur fille en a hérité à leur mort, et la bâtisse sert de résidence secondaire.
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Le 16 octobre, Marie et Léon déjeunent avant de reprendre la route. Au menu, un bouillon, quelques pommes de terre et un morceau de lard. À la fin du repas, Léon est pris de vomissements. Il arrive malgré tout à prendre le volant et à rentrer à Loudun. Une fois arrivée à leur domicile, Marie prend soin de son époux, mais ne tarde pas à prévenir le médecin de famille, voyant que le mal ne passe pas. Ce dernier diagnostique une crise de foie et préconise du repos. Mais l’état de santé de Léon se dégrade ; il s’avère que ce dernier souffre d’une urémie, qui lui sera fatale, et décède le 25 octobre dans d’atroces souffrances.
Pendant son agonie, des proches des Besnard viennent au chevet de Léon. Parmi eux, Louise Pintou, une amie du couple. Elle aurait recueilli les confidences de l’époux de Marie : ce dernier lui aurait révélé que le fameux 16 octobre, il y avait un liquide blanc dans son assiette, avant que sa femme ne serve le bouillon ! Louise Pintou, quelques mois après le décès de Léon Besnard, s’épanche sur ces révélations auprès d’Auguste Massip, un notable local, propriétaire du château de Montpensier et avide de ragots. Apprenant cela, il s’empresse d’écrire au procureur de la République. Interrogée, Louise Pintou se rétracte et l’affaire en reste là.
Sauf qu’à Loudun, les rumeurs vont bon train, et les gens commencent à causer. Marie Besnard a vent des commérages de son amie Louise, et de la lettre envoyée par Massip. En ville, on chuchote tantôt que Louise était la maîtresse de Léon, mais aussi que Marie fricotait avec Alfred Dietz, un ancien prisonnier allemand travaillant comme ouvrier pour les Besnard.
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C’est finalement deux événements qui relancent l’affaire. En 1948, le château d’Auguste Massip est ravagé par les flammes. Le propriétaire n’hésite pas à accuser Marie Besnard d’être à l’origine du sinistre.
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