Il existe plus de 300 langues des signes différentes dans le monde, mais comment ont-elles été inventées ?
Vous les voyez de plus en plus sur vos écrans : au journal télévisé, durant une allocution officielle ou devant une émission de divertissement… Les interprètes en langues des signes sont au côté des présentateurs, faisant de rapides gestes avec leurs mains, accentuant leurs expressions faciales.
Si ce langage est incompréhensible pour un grand nombre d’entre nous, il s’agit d’un moyen de communication essentiel pour près de 7 millions de Français atteints de problèmes d’audition.
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Pour comprendre comment cette langue est apparue, il faut remonter le temps. Pendant des siècles, « les personnes atteintes de troubles auditifs vivaient en marge de la société car on estimait que les langues ne pouvaient être apprises qu’à l’oral » , rapporte le magazine National Geographic . Dans la Grèce Antique, le philosophe Aristote considérait les personnes sourdes comme « systématiquement stupides ». À l’époque romaine, on les pensait incapables de rédiger un testament.
Mais les mentalités ont, fort heureusement, évolué. Des communautés de personnes sourdes ont commencé à se former. Au XVIe siècle, le moine espagnol Pedro Ponce de León poursuit un objectif : permettre à ces personnes malentendantes d’apprendre à communiquer. Pour cela, il décide de s’inspirer des Amérindiens qui « utilisaient des gestes pour communiquer avec d’autres tribus et faciliter les échanges avec les Européens » , selon National Geographic .
Un autre espagnol, Juan de Pablo Bonet, développe pour sa part un système de communication manuel consistant à utiliser la main droite pour former des signes, chaque signe représentant une lettre de l’alphabet. Des avancées qui commencent à démocratiser les enjeux autour de l’apprentissage des personnes sourdes.
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Le déploiement de la langue des signes revient néanmoins à un prêtre janséniste français du XVIIIe siècle : Charles-Michel de l’Épée. À l’époque, l’éducation des personnes sourdes est très inégalitaire, car seules les familles les plus riches pouvaient se payer une éducation grâce à des précepteurs privés. Mais lui veut rendre cet apprentissage accessible au plus grand nombre.
Si l’Abbé de l’Épée « n’est pas l’inventeur de la langue des signes, qui existe depuis toujours » , comme le rappelle Radio France , il en révolutionne l’acquisition et la transmission, grâce à une méthode gestuelle d’apprentissage du français. Il commence alors par donner des cours chez lui, puis obtient des aides royales pour ouvrir la toute première institution éducative gratuite pour les sourds à Paris.
« Tous les cours sont donnés en langue des signes ou en français signé. Les sourds apprennent à lire et à écrire, et se forment à différents métiers » , souligne le service national Surdités Info Service .
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