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Les patrons "considèrent que ce n'est pas si grave s'il y a des inégalités salariales": alors qu'on attend toujours la loi, Marylise Léon (CFDT) "n'attend rien du patronat" sur la transparence des salaires dans l'entreprise

BFMTV ·
Les patrons "considèrent que ce n'est pas si grave s'il y a des inégalités salariales": alors qu'on attend toujours la loi, Marylise Léon (CFDT) "n'attend rien du patronat" sur la transparence des salaires dans l'entreprise

Le projet de loi sur la transparence salariale doit être présenté en Conseil des ministres le 9 septembre prochain. La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon espère un examen au Parlement avant la présidentielle et fustige le patronat, accusé de ne pas vouloir expliquer les politiques de rémunération. Le sujet fait parler autour de la machine à café. Mais quand la transparence salariale sera-t-elle vraiment mise en œuvre dans les entreprises? La France doit adapter une directive européenne qui doit permettre aux salariés de mieux comprendre les critères utilisés par leur entreprise pour fixer les rémunérations.

Le texte, attendu de longue date, doit être présenté en Conseil des ministres le 9 septembre prochain, avant d'être discuté au Parlement. Mais le calendrier législatif est serré et son examen n'est pas garanti, même si le ministre du Travail a déclaré début juin qu'il souhaitait que le texte soit voté d'ici "la fin de l'année".

"L’enjeu de la CFDT est de pouvoir faire en sorte d’avoir un débat au Parlement le plus rapidement possible avant que tout soit congelé par la présidentielle", a déclaré la secrétaire générale du syndicat Marylise Léon, lors d'une rencontre organisée par l'Ajis (association des journalistes de l'information sociale) ce jeudi 3 septembre.

La syndicaliste en a profité pour tacler les organisations patronales, notamment le Medef qui s'est exprimé contre le texte . "Je ne crois pas en l’inflexion du patronat qui fait un procès en usine à gaz parce qu'ils ne veulent pas de transparence. Ils ne veulent pas admettre qu’ils doivent expliquer la politique salariale", accuse Marylise Léon.

Le texte prévoit que les entreprises précisent une fourchette de salaires dans leurs offres d'emploi et que les salariés puissent obtenir des informations sur les niveaux de rémunération de leurs collègues occupant un travail de "valeur égale", ventilés par sexe. Son objectif est notamment de réduire les inégalités salariales entre les femmes et les hommes.

Le patron du Medef Patrick Martin s'était notamment exprimé sur le sujet , estimant que cette mesure allait pénaliser les salariés méritants. "Ça va dissuader les salariés qui veulent s'engager, qui veulent progresser, qui veulent être augmentés, parce qu'on va instaurer un principe d'égalitarisme", affirmait-il en juin dernier.

Une interprétation qui relève d'une mauvaise compréhension du texte, selon Sandrine Dorbes, consultante en rémunération et référence sur le sujet en France. "La directive ne dit pas 'on donne la même chose à tout le monde', elle dit que si on fait des différences, il faut le justifier. Si on fait le choix en tant que dirigeant, de payer plus les gens plus performants, il n'y a aucun problème, mais il faut l’assumer . La notion de mérite ne va pas disparaître et les meilleurs, quel que soit ce qu’on met derrière ce mot, continueront d’être mieux payés", expliquait-elle à BFM Business dans cette interview .

De son côté, la CFDT est favorable à la directive mais compte se montrer vigilante sur les modalités de sa transposition en droit français.

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