Au cœur de la zone où se forme le “super-El Niño”, qui s’annonce comme du jamais-vu depuis quatre-vingts ans
Le mensuel américain “The Atlantic” s’est rendu sur la zone “Niño 3.4”, dans l’océan Pacifique, l’endroit même dont le réchauffement signe l’émergence d’El Niño. Là, face à des températures qui devraient battre des records, les chercheurs s’inquiètent pour le corail. Et pour tout le reste.
Au beau milieu de l’océan Pacifique, au niveau de l’équateur, des chercheurs ont délimité une zone. Une immense zone, grande comme les deux tiers de la Chine, et pourtant presque inhabitée. Cette portion rectangulaire d’océan est surveillée par des satellites et une armée de balises chargés de mesurer les moindres variations de température de l’eau.
Régulièrement, à intervalles de quelques années, la température se met à augmenter. Une simple hausse d’un demi-degré sur plusieurs mois suffit à annoncer l’émergence d’un épisode El Niño. Qui s’accompagne de crues, d’incendies, de sécheresses et de famines dans le monde entier. Cette zone s’appelle “Niño 3.4”. Et en ce moment, il y fait particulièrement chaud.
“C’est comme une mini-piscine”, explique Kristina Tietjen, qui a passé une bonne partie du mois d’août à plonger dans cette masse d’eau anormalement chaude. Voilà plus de dix ans qu’elle se rend à Kiritimati, le plus grand atoll du monde [situé dans l’archipel de Kiribati], pour étudier ses récifs coralliens.
D’habitude, elle plonge en combinaison, mais cet été, ses collègues et elles ont pu se contenter de tee-shirts anti-UV. Nous n’en sommes encore qu’aux prémices de ce cycle d’El Niño – qui s’annonce comme le plus intense jamais enregistré –, mais, déjà, les eaux autour de
L’anticipation est l’un des points forts de The Atlantic depuis sa création, en 1857. Cette vénérable revue littéraire et politique, où écrivent les plumes les plus prestigieuses du moment, a su faire de son site un très dynamique lieu de réflexion et de débat. Elle a franchi en 2024 la barre symbolique du million d’abonnés à ses versions numérique et papier.
Fondé par un groupe d’écrivains à Boston, quelques années avant la guerre de Sécession, le magazine s’est donné pour mission de n’être l’ “organe d’aucun parti”, mais le porte-parole de l’ “idée américaine”. La publication des premiers textes de Mark Twain, des reportages de guerre de Nathaniel Hawthorne et de la Lettre de la prison de Birmingham (vibrante défense de la non-violence, 1963) de Martin Luther King ne dément pas cet idéal.
Si la revue n’a que rarement soutenu un candidat à la présidence, elle a pris trois fois parti contre Donald Trump, dénonçant le danger qu’il représente. The Atlantic a même fini par devenir une sorte de bête noire du président républicain, tout comme l’actuel directeur de la rédaction, Jeffrey Goldberg. Ce dernier a pourtant été inclus par erreur dans une boucle Signal où des plans de guerre ont été échangés, se voyant ainsi offrir un énorme scoop.
Article réservé aux abonnés Guerre en Iran. À Bahreïn, les chiites soumis à des restrictions draconiennes
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