Major de promo à Centrale, elle dit non au CAC 40 et aux gros salaires : le parcours surprenant de cette jeune ingénieure en IA
Challenges est parti à la rencontre de diplômés d’exception pour connaître le rapport à la réussite de la jeune génération. Témoignage d’Antonine Batifol, 24 ans, majeure de promo 2024 en maths et IA de CentraleSupelec.
En arrivant à Centrale, je me voyais bien faire de la finance d’entreprise . J’avais suivi des cours dans cette voie et, surtout, j’étais trésorière de mon association d’école : il fallait rattraper des années de comptabilité en retard, alors j’ai beaucoup échangé avec un expert-comptable, beaucoup manié les chiffres. Je pensais, naïvement, que c’était ça qui m’intéressait. Puis j’ai fait un stage en audit. Mais très vite, mes managers ont vu que ça ne me plaisait pas. J’étais bonne dans mon travail et bien entourée, mais je sentais qu’ils avaient raison. L’audit, comme la finance de marché vers laquelle je lorgnais un temps, ce sont des tâches cadrées, répétitives, où la marge de manœuvre est mince. Or ce qui me fait avancer, c’est l’apprentissage sans limite : le code, les maths, l’intelligence artificielle .
Alors j’ai basculé en alternance chez ATEM, une entreprise de vidéo, d’abord sur des sujets data en interne, puis dans une équipe recherche et innovation où je conçois aujourd’hui des outils d’IA . Par exemple, un système qui recadre automatiquement une vidéo horizontale en format vertical pour mobile. Un projet que j’ai vu naître de zéro et que je porte aujourd’hui jusqu’à son intégration dans de vrais produits. C’est précisément ce type de trajectoire qui me fait dire que j’ai réussi : être en charge d’un sujet du début à la fin, pas juste l’exécuter !
Côté salaire, ce n’est pas vraiment ce qui compte pour moi. Certes, je me suis fixé un seuil confortable, autour de 45 000 euros annuels, en dessous duquel je risque de me sentir lésée en me comparant à mes camarades de promo. Certains d’entre eux ont par exemple signé des packages à 90 000 euros dans le secteur bancaire . Mais ça ne m’empêche pas de dormir, surtout en tant que jeune diplômée ! La rémunération n’est vraiment pas ma priorité.
Tout comme rejoindre les grandes entreprises du CAC 40 , qui faisaient rêver la génération de nos parents alors que ce n’est plus forcément le cas aujourd’hui. Lors d’un stage chez Vodafone en Allemagne, j’ai touché du doigt ce que signifie évoluer dans une structure très processée : moins d’autonomie, moins de prise d’initiative, tout va plus lentement. Je préfère les entreprises de taille intermédiaire, où des process existent déjà – suffisamment pour ne pas réinventer la roue – sans être encore trop lourds pour aller vite et pouvoir changer d’équipe, comme je l’ai fait.
Voici pourquoi cette célèbre école d’ingénieurs se distance de la Chine
Recevez les analyses et les exclusivités de la rédaction directement dans votre boite mail.
Vous recevez l'actualité en temps réel. Affinez vos alertes selon vos centres d'intérêt.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.challenges.fr — le contenu appartient à Challenges.