Spores mortelles, arsenic, mercure… Vendus en ligne, ces vestiges vous font courir un grand danger
Si vous n’avez jamais songé à vous procurer une momie, ce n’est pas le moment de changer d’avis. Un crocodile momifié à 6 315 €, un poisson à 2 000 € ou encore plus dérangeant : des pieds humains momifiés… Sur certains sites Internet et réseaux sociaux, des restes momifiés d’humains ou d’animaux sont régulièrement proposés à la vente, souvent en dehors de tout cadre légal. Or, ces ventes inhabituelles d’éléments du patrimoine culturel ne posent pas seulement des questions éthiques, elles représentent aussi un risque pour la santé des acquéreurs. C’est le résultat d’une étude publiée le 5 août dans le journal scientifique International journal of cultural property .
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En effet, ce que l’on ne voit pas quand on regarde une momie, au musée, c’est que ces restes peuvent héberger une multitude de micro-organismes. Sans prise en charge professionnelle, des organismes comme les spores fongiques peuvent se disperser dans l’air et représenter un risque sanitaire. Dans les années 1970, les spores d’Aspergillus, un type de moisissure, avaient ainsi été inhalées par une équipe de scientifiques conservateurs, dont au moins dix sont décédés, à la suite de cette exposition, explique le site du magazine Geo .
Outre une contamination par des spores antiques, vous risquez par ailleurs une intoxication, si vous manipulez ce type de vestiges. Et pour cause ! Les pratiques de momification requièrent des processus chimiques et physiques complexes. La décomposition a été retardée à l’aide de divers matériaux comme l’arsenic, le mercure ou encore le plomb.
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Le risque est d’autant plus grand, alertent les scientifiques, que ces réseaux de revente en ligne ne prennent manifestement pas assez de précautions, y compris dans la conservation et l’expédition des restes momifiés. 128 annonces postées sur des sites de commerce électronique, des boutiques en ligne et des maisons de vente aux enchères ont été analysées. « Certaines des images téléchargées montrent des restes momifiés qui ne sont pas dans des sarcophages de protection mais exposés à l’air ambiant, par exemple dans une pièce d’habitation, ce qui pourrait être très dangereux », s’inquiète une des autrices de l’étude, citée par le journal britannique The Guardian . Sans qu’aucune consigne de sécurité ne soit émise, les momies étaient ensuite expédiées… par voie postale.
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Ce marché favorisé par l’essor des réseaux sociaux et des sites de revente en ligne attire notamment les collectionneurs. Selon le média canadien CBC News , ces réseaux ont facilité la mise en relation entre ces amateurs d’éléments du patrimoine culturel, et les vendeurs.
Selon l’étude, plus de la moitié des objets vendus analysés dans ces travaux étaient des têtes ou des « Tsantsans » péruviens ou équatoriens, des têtes rétrécies.
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