On a visité l’atelier de l’Ouest d’où sortent les bougies du pape à 3 000 à l’heure : « Une vraie fierté »
Le bruit des machines couvre presque les voix. Dans un bac, la cire en poudre de paraffine. À l’autre bout de la ligne, des cartons de 200 veilleuses votives attendent leur départ. Entre les deux, la cire est aspirée, compactée en un pain, percée pour y glisser une mèche en coton, puis placée dans un godet 100 % végétal à base de blé et de maïs. La machine tout automatisée file à toute vitesse : jusqu’à 3 000 bougies à l’heure.
« Ce n’est pas tous les jours que le pape vient en France. C’est très particulier ! » Amélie Pépin, responsable industrielle, ne cache pas sa satisfaction. Depuis juillet, à Carquefou, près de Nantes (Loire-Atlantique), les ateliers de la ciergerie Desfossés tournent à plein régime. La manufacture, qui a rejoint Maison Berger (groupe Emosia) en 2019, a obtenu fin juin le feu vert des évêques pour fabriquer une série spéciale destinée aux paroisses.
L’occasion était trop belle pour cette entreprise capable de passer de la bougie liturgique produite en série au cierge pascal haut de gamme, décoré à la main. Près de 100 000 pièces ont finalement été commandées, dans des délais express. Quatre références sont proposées, dont une neuvaine, conçue pour brûler neuf jours non-stop, avec le visuel coloré de la Conférence des évêques de France.
La plus originale porte une effigie imaginée par Desfossés, avec Paris, Lourdes et Metz, les trois étapes du voyage pontifical du 25 au 28 septembre. « On a été très réactifs. Ça s’est bien vendu. Le côté collector a beaucoup plu. Et on continue de faire des réapprovisionnements » , indique Sébastien Pascal, directeur général. Ces bougies s’inscrivent parmi la trentaine de produits dérivés de l’événement , vendus entre 2 et 42 €, aux côtés des casquettes, sweats, gourdes et porte-clés .
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Pour Desfossés - 64 salariés, 4 000 clients et environ 13 millions d’euros de chiffre d’affaires - la commande ne bouleverse pas l’activité. L’entreprise, née à Nantes en 1874, produit chaque année plusieurs dizaines de millions de pièces et assure près de 20 000 livraisons. Elle fournit notamment des paroisses, cathédrales et basiliques, dont le Sacré-Cœur de Montmartre (Paris) et Sainte-Anne-d’Auray (Morbihan), et participe à de grands rassemblements comme les Journées mondiales de la jeunesse.
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« Ce type d’offrandes est très important pour l’équilibre financier des églises » , souligne le patron. Derrière la petite flamme, il y a une réalité économique très concrète. Pour les paroisses, la vente de bougies - symbole de recueillement pour ceux qui entrent dans une église, croyants ou simples visiteurs - constitue la deuxième source de revenus derrière les dons et devant la quête. L’argent sert à financer charges, entretien et travaux.
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Mais participer à la venue du pape n’a rien d’une commande ordinaire. C’est surtout une vitrine.
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