Le président algérien Tebboune invite le général malien Goïta à Alger pour mettre fin à leur brouille
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a invité en Algérie son homologue du Mali , le général Assimi Goïta, mettant définitivement fin à une brouille diplomatique de 15 mois entre les deux pays, a annoncé lundi 24 août 2026 le Premier ministre malien à sa sortie d’une rencontre avec M. Tebboune.
Dans une déclaration à la presse, Abdoulaye Maïga, venu à Alger à la tête d’une importante délégation, a indiqué avoir transmis un message à M. Tebboune où le général Goïta « remercie son frère […] le président Abdelmadjid Tebboune pour l’invitation qu’il lui a adressée à effectuer une visite officielle en Algérie » .
Le voyage du Premier ministre Maïga à Alger est le premier d’un haut responsable malien depuis le début de la détente et le retour des ambassadeurs des deux pays le 10 juillet.
Le président Goïta considère l’invitation de M. Tebboune comme « une marque d’affection et de considération à son endroit et du peuple malien » et « a naturellement donné son accord » à une telle visite, selon le Premier ministre malien.
Selon M. Maiga qui a remercié M. Tebboune pour les « sages conseils » prodigués lors de leur entrevue, l’Algérie et le Mali qui partagent plus de 1 300 kilomètres de frontière entendent œuvrer « à faire de la région un espace de paix affranchi de toute forme de colonialisme et de domination ».
La tension diplomatique était montée en flèche entre le Mali et son grand voisin du nord depuis l’arrivée au pouvoir des militaires au Mali à la suite de deux coups d’État en 2020 et 2021.
Alger, qui avait joué un rôle central dans la négociation d’un accord de paix en 2015 entre Bamako et les groupes armés du nord, avait vu son influence remise en cause par les nouvelles autorités, qui accusaient l’Algérie d’ingérence dans leurs affaires intérieures.
Le Mali est confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire nourrie par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI), et de bandes criminelles communautaires.
La querelle entre Alger et Bamako s’était aggravée au printemps 2025 après la destruction d’ un drone militaire malien près de la frontière entre les deux pays .
L’Algérie affirmait que l’appareil avait violé son espace aérien, le Mali soutenant de son côté qu’il se trouvait sur son territoire.
L’incident avait provoqué une grave crise diplomatique avec le rappel des ambassadeurs , la fermeture réciproque des espaces aériens et des échanges d’accusations entre Alger et les pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger).
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