Depuis le Liban, Carlos Ghosn échoue à faire reporter son procès pour corruption avec Rachida Dati
Le retentissant procès de Rachida Dati s'est ouvert mercredi à Paris, en l'absence de son coprévenu et ex-PDG de Renault Carlos Ghosn, jugés pour des soupçons de corruption et trafic d'influence liés aux 900.000 euros perçus du constructeur automobile lorsque l'élue était eurodéputée. Absent de son procès pour corruption et trafic d'influence, l'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn a échoué à faire reporter l'audience où il est jugé depuis ce mercredi 16 septembre à Paris avec Rachida Dati pour les 900.000 euros versés par le constructeur automobile à l'élue lorsqu'elle était eurodéputée.
Rachida Dati, 60 ans, est soupçonnée d'avoir noué un pacte de corruption et illégalement fait du lobbying au Parlement européen, dont elle était membre, pour le compte de Renault-Nissan entre octobre 2009 et février 2013. À l'ouverture de l'audience devant le tribunal correctionnel, l'ex-ministre de la Justice, tout de noir vêtue, a décliné son identité et écouté le résumé des poursuites contre elle.
L'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy et ex-ministre de la Culture d'Emmanuel Macron - elle a quitté le gouvernement en février - dément mordicus les accusations du parquet national financier (PNF) et soutient n'avoir fait qu'un travail d'avocate, légalement compatible avec sa fonction d'élue.
La première après-midi d'audience a été principalement occupée par la demande de report du procès de Carlos Ghosn, réfugié au Liban, hors de portée des mandats d'arrêt des justices japonaise et française. Dans un courrier déposé fin août à l'accueil du tribunal de Paris, le grand patron déchu de 72 ans demandait le renvoi de l'audience au motif qu'il n'a pas reçu sa convocation dans les formes et délais légaux.
Après une heure de délibéré, la juridiction a rejeté sa demande. "Le tribunal conserve l'entier dossier pour être jugé ce jour et dans les cinq jours qui suivent", a laconiquement déclaré la présidente Claire Saas.
L'ancien magnat brille par son absence à l'ouverture de ce très médiatique procès politico-financier, n'envoyant même pas d'avocat pour l'y représenter officiellement - bien que son avocat libanais suive discrètement les débats au milieu des bancs du public.
Être jugé par défaut permet à Carlos Ghosn, capable de déployer des bataillons d'avocats et de recours, de se garder la possibilité de faire opposition de la décision et ainsi obtenir automatiquement un nouveau procès de première instance.
L'avocat de Renault, Me Kami Haeri, raille devant le tribunal "un vol de moineaux, une disparition" dans le camp Ghosn dans cette affaire, où il encourt comme Rachida Dati dix ans de prison.
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