"Nous, notre punition, c'est de disparaître en fermant notre gueule..." A Locarn, Côtes-d'Armor, quand ferme l'une des deux classes de l'école
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"Envoyé spécial" du jeudi 3 septembre 2026 France 2 L'équipe de l'émission Présenté par
Article rédigé par France 2 France Télévisions C'est l'inquiétude de nombreuses communes rurales : y aura-t-il encore une école à la rentrée ? "Envoyé spécial" a suivi la mobilisation d'un village des Côtes-d'Armor pour sauver l'une de ses deux classes, menacée de fermeture, jusqu'au couperet final.
Voir leur école fermée en cette rentrée... C'est une épée de Damoclès au-dessus de toutes les communes rurales. En moyenne, 400 établissements sont rayés de la carte scolaire chaque année. Et pour cette rentrée 2026, le nombre de postes d’enseignants supprimés (environ 4 000) a été multiplié par dix par rapport à la rentrée précédente. Dans les campagnes, la fermeture d’une classe ou d'une école unique sonne souvent comme la mort sociale de tout le village.
Dans les Côtes-d'Armor, Locarn a réussi à garder un café-restaurant, mais son école est menacée. Deux classes à double niveau regroupent les 30 enfants du bourg, de 6 à 11 ans, pour un enseignement sur mesure. Comme il ne restait plus que 25 inscrits pour cette rentrée, l'Académie a annoncé au mois de mai la fermeture d'une des deux classes.
"Envoyé spécial" a suivi les parents d'élèves pendant six mois d'une mobilisation acharnée. Va-t-elle permettre d'obtenir au moins un sursis ? D'autant que le village a reçu une bonne nouvelle : l'emménagement surprise d'une maman avec ses deux jumelles de 4 ans. C'est que le maire, Christophe de Quelen, a fait le maximum pour attirer de nouvelles familles, avec un projet express de rénovation des logements vacants. Six millions d'euros ont été investis pour moderniser ce village de 500 habitants... dont la moitié ont plus de 60 ans.
"C'est la vie d'un village, une école ! Si vous n'avez plus de jeunes avec des gamins dans une contrée comme ici, il n'y a plus que le cimetière qui va tourner."
Jusqu'à la dernière minute, il subsiste un mince espoir, car on estime que chaque année, une école menacée sur dix échappe finalement à la fermeture... et les négociations peuvent s'éterniser. À trois jours de la rentrée, l'Académie n'avait toujours pas rendu sa décision, attendue en juillet. De quoi mettre à rude épreuve les nerfs des parents d'élèves. Devant cette situation anxiogène, deux familles ont renoncé et changé leur enfant d'établissement.
Enfin, le téléphone sonne. Après plusieurs jours d'une attente épuisante et d'appels insistants, les services de l'Académie finissent par confirmer "un retrait de poste". Le maire peut bien faire remarquer à son interlocuteur que "l'assistance étatique n'est pas forcément à la hauteur de ce qu'on pouvait attendre sur [ce] territoire", le couperet est tombé. Laetitia, l'une des mamans les plus investies dans la mobilisation, ne peut retenir ses larmes. Amer, Christophe de Quelen fustige "une gestion monétaire au niveau national (...) complètement délirante.
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