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Philippe Bouvard est mort : le petit homme des « Grosses Têtes » masquait ses angoisses par le rire

Ouest-France ·
Philippe Bouvard est mort : le petit homme des « Grosses Têtes » masquait ses angoisses par le rire

Lorsqu’il avait 25 ans, Philippe Bouvard était persuadé qu’il mourrait jeune. Raté. Il vient de s’éteindre à Cannes (Alpes-Maritimes), ce lundi 24 août 2026 à l’âge de 96 ans, a annoncé son épouse à RTL .

Né en 1929 à Coulommiers (Seine-et-Marne), Philippe Bouvard a longtemps animé l’émission préférée des Français , mais c’est un homme qui ne s’aimait pas. Derrière son masque d’humour, Philippe Bouvard est longtemps resté discret sur ses tourments. Bourré d’angoisses, éternel insatisfait, le patron des Grosses Têtes , émission phare de la station de radio RTL , composait avec des traits de caractère en contradiction avec son parcours à nulle autre pareil.

Écrivain, rédacteur en chef, animateur radio, humoriste, auteur de théâtre, dialoguiste au cinéma, ce très grand petit homme - il mesurait 1,69 m - a façonné tout un empire dans le paysage audiovisuel français.

En 1952, le garçon de courses entré au Figaro ne s’est jamais écarté du droit chemin. Il aurait volontiers consacré le sien à défendre la veuve et l’orphelin bien qu’il ait confié avoir professionnellement croisé un certain nombre de crapules et de faux témoins.

Aux derniers instants de sa vie, Philippe Bouvard analysait la France au peigne fin et livrait ses observations de « Franco-Français franchouillard » dans les colonnes du Figaro . On est bien loin de ses premiers papiers, pas plus longs qu’une brève, parus 70 ans plus tôt.

Sa vocation naît lorsqu’à l’âge de 8 ans, le petit Philippe croise Jean Cocteau sur la Croisette à Cannes. Il est en vacances avec sa mère, Andrée Gensburger, juive alsacienne, et son père adoptif (son géniteur Marcel Bouvard l’a abandonné à sa naissance) Jules Luzzato. Il voit le poète sortir d’une limousine et s’imagine alors que l’écriture rend les « gens très riches » .

En janvier 1944, il lance son premier journal de lycée, La Schola 44 , dans lequel il publie des éditoriaux et des nouvelles. « Philippe Bouvard s’imposait en tant que directeur de la publication , se souvient un ancien camarade de classe, Pierre Aubert, dans Un jour, un destin . Il était déjà ironique, sarcastique. »

Ses notes, en revanche, sont insuffisantes. Dans son ouvrage Je crois me souvenir… 60 ans de journalisme (Flammarion), Bouvard raconte qu’il n’était bon que dans ce qui l’intéressait.

Après trois échecs au baccalauréat, le cancre est admis au Centre de formation des journalistes (CFJ), en 1948. Il en sera rapidement congédié. Philippe Bouvard « n’est pas doué pour le journalisme mais réussira dans les professions commerciales » , s’expliquera la direction après qu’elle eut découvert que l’élève se faisait rémunérer par ses camarades pour rédiger des devoirs à leur place.

Vendeur d’encyclopédies et de lunettes de soleil, colporteur de chemises sur les marchés : ce n’est qu’après avoir tout essayé que le jeune Bouvard devient journaliste, l’année de ses 22 ans. En 1952, il est embauché comme coursier au service photo du Figaro mais son talent et son verbe attirent l’œil de ses supérieurs.

Un an à peine après son arrivée et avec, pour seul diplôme, son certificat d’études primaires, Philippe Bouvard décroche sa première carte de presse.

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