Le streaming pourrait bientôt être plus rapide que la TNT : ce protocole s’attaque enfin au retard du direct
Le streaming en direct conserve encore un défaut particulièrement visible face à la TNT ou au satellite : son retard. Plusieurs essais de Media over QUIC montrent pourtant qu’un flux Internet peut désormais descendre sous la seconde et même, dans certaines conditions, arriver avant la télévision traditionnelle.
Il suffit d’avoir déjà regardé un match de football en streaming pour connaître le problème. Une notification arrive sur le smartphone, les voisins célèbrent le but… et l’action n’a pas encore eu lieu sur votre téléviseur . Ce décalage peut facilement atteindre plusieurs secondes, voire davantage selon les services. Mais Media over QUIC, ou MoQ, commence à montrer qu’il est possible de faire beaucoup mieux.
À l’IBC 2026 d’Amsterdam, Zattoo présente cette semaine un prototype basé sur MoQ . Sa plateforme actuelle affiche entre 10 et 13 secondes de latence de bout en bout, contre environ deux secondes avec le nouveau protocole, soit une réduction de plus de 80 %. Le prototype fonctionne notamment dans un navigateur, sur Tizen et Android TV.
Et Zattoo est loin d’être seul. Big Blue Marble et Ateme ont testé MoQ lors d’un tournoi de football autrichien. Leur flux est descendu sous la seconde de latence et arrivait, selon leurs mesures, 20 à 40 secondes avant certaines plateformes de streaming autrichiennes. Dans plusieurs cas, il devançait même de quelques secondes les signaux terrestres ou satellites. Nanocosmos revendique de son côté environ 500 ms de latence de bout en bout à partir de mesures relevées chez des clients payants. Autrement dit, MoQ ne se limite déjà plus aux seuls prototypes de salon.
La très faible latence n’est pas nouvelle en soi. WebRTC sait déjà descendre sous la seconde depuis longtemps, mais cette technologie est surtout adaptée aux communications en temps réel et devient plus complexe et coûteuse lorsqu’il faut servir un même événement à des millions de spectateurs. À l’inverse, HLS et DASH savent parfaitement monter en charge, mais au prix d’un retard plus important. MoQ cherche précisément à réunir ces deux mondes. Il ne s’agit pas d’un nouveau codec et le protocole ne remplace donc ni HEVC, ni AV1, ni AV2. Il agit sur la manière dont les données circulent jusqu’au spectateur. Basé sur QUIC et WebTransport, MoQ permet notamment de prioriser certaines informations et d’utiliser une fiabilité partielle : une donnée arrivée trop tard n’a pas forcément besoin de bloquer tout le flux.
À découvrir AV2 : le français VideoLAN signe déjà le décodeur qui va rendre Netflix et YouTube encore plus rapides News Surtout, MoQ est pensé dès l’origine pour fonctionner avec des relais intermédiaires capables de mettre en cache et de redistribuer les contenus, un peu comme le font aujourd’hui les CDN. C’est cette architecture qui doit lui permettre de conserver une très faible latence tout en servant un très grand nombre de spectateurs. Le sujet dépasse d’ailleurs les démonstrations de salon.
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