"Moscou n'a guère d’alternative" : comment la Chine tient l'avenir énergétique de la Russie entre ses mains
Il a fait grincer bien des dents, de Bruxelles à Kiev.
En concluant avec Vladimir Poutine un accord sur le diesel russe, Donald Trump a semblé entrouvrir la porte à un retour de Moscou sur la scène énergétique mondiale.
Le président américain, pressé par la flambée des prix à la pompe à l’approche des élections de mi-mandat, cherche des solutions partout, quitte à bousculer le front occidental des sanctions.
Mais derrière le coup politique, la réalité est bien moins favorable au Kremlin.
Raffineries pilonnées par les drones ukrainiens, marché européen du gaz verrouillé par la loi à partir de 2027, gazoducs fermés ou sabotés : la Russie n’a ni les capacités ni les débouchés pour revenir en force.
Pour Didier Holleaux, ancien directeur général adjoint d’Engie et fin connaisseur des marchés gaziers, l’accord avec Washington relève avant tout de la communication.
Et l’horizon énergétique de Moscou s’annonce sombre : une dépendance quasi-totale à l’égard de la Chine, qui dispose de suffisamment d’alternatives pour lui imposer ses conditions.
Entretien.
L'Express : L’accord passé entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur le diesel marque-t-il le retour de la Russie sur les marchés énergétiques mondiaux ? Didier Holleaux : Tous les experts s’accordent sur deux points.
D’une part, les volumes annoncés sont trop importants pour que la Russie puisse crédiblement les fournir, compte tenu de ses propres difficultés : les frappes sur ses raffineries l’empêchent de produire davantage.
D’autre part, ces volumes sont trop faibles pour avoir un effet significatif sur le marché.
C’est donc de la pure communication de la part de Donald Trump, prêt à jeter son bonnet par-dessus les moulins pour rassurer des électeurs américains préoccupés par le prix du carburant.
Trump étant totalement imprévisible, personne ne peut exclure un retour durable de la Russie sur les marchés mondiaux.
Mais j’en doute fortement : les autres pays ne sont pas prêts à lâcher sur les sanctions, à l’exception de l'Inde et de la Chine, qui continuent d’acheter discrètement des produits pétroliers russes.
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