SpaceX, bientôt une entreprise gazière ? Le recrutement qui en dit long
Dans la lignée de ses récentes opérations, SpaceX recrute un courtier en gaz naturel. L’entreprise entend, à terme, contrôler totalement le carburant de ses propres fusées.
L’offre d’emploi a été repérée par Bloomberg sur Greenhouse, la plateforme de recrutement utilisée par SpaceX. Le poste, décrit comme centré sur le « trading physique et financier de gaz naturel », sera basé à Cape Canaveral, en Floride, ou à Starbase, au Texas. Il devrait consister à acheter et faire livrer du gaz, puis à verrouiller les prix à l’avance via des contrats pour se protéger d’une flambée du marché.
C’est clair : SpaceX ne veut plus seulement acheter du gaz comme n’importe quel client, l’entreprise veut piloter à la fois son approvisionnement et son exposition financière. Décidément, les énergies renouvelables de Tesla sont bien loin.
C’est logique, car Starship carbure au méthane surrefroidi combiné à de l’oxygène liquide. Or, le méthane est justement le composant principal du gaz naturel. Mais c’est surtout le recours à cette matière première pour un autre chantier qui interpelle : l’usine Terafab au Texas , développée conjointement avec Tesla pour 16,8 milliards de dollars, réclame une électricité stable et livrée rapidement.
Début août, SpaceX a annoncé vouloir construire ses propres centrales à gaz pour l’alimenter, plutôt que d’attendre un raccordement classique au réseau. En parallèle, Elon Musk a discrètement racheté APR Energy , une entreprise spécialisée dans les turbines mobiles au gaz et au diesel, afin d’alimenter les data centers de xAI et de Grok .
La pièce manquante de la firme pour ne plus dépendre de fournisseurs, c’est l’approvisionnement en amont. Dès juin, Gwynne Shotwell, présidente et directrice opérationnelle de SpaceX, évoquait la construction d’un gazoduc propre à l’entreprise, voire des forages.
Les géants de la tech se tournent vers les énergies fossiles Mais SpaceX n’est pas seule sur ce terrain tant l’IA a besoin d’énergie. OpenAI recrute actuellement un responsable du trading électrique pour ses centres de données, tandis que Meta a quitté cet été le pacte RE100, qui l’engageait sur les énergies renouvelables. NVIDIA, de son côté, a pris des participations dans trois sociétés foncières et énergétiques rien que ce mois-ci.
La société d’Elon Musk entend malgré tout aller plus loin, ce qui représente un risque clair pour une entreprise cotée en Bourse. D’ailleurs, elle reste pour l’heure très discrète à ce sujet.
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