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Exécution militaire en direct : un retour en arrière des États-Unis sur la peine de mort qui serait historique

Ouest-France ·
Exécution militaire en direct : un retour en arrière des États-Unis sur la peine de mort qui serait historique

Ce sera la première exécution militaire aux États-Unis depuis 1961, la première exécution publique depuis 1936 et la première jamais diffusée en direct. Si, le 3 décembre au Texas, le condamné à mort Nidal Hasan est bien passé par les armes sous le regard des caméras de la télé ou d’internet, comme annoncé par Pete Hegseth, le secrétaire à la Guerre de Donald Trump, on assistera alors à un véritable retour en arrière dans l’évolution du pays sur la peine de mort.

Les États-Unis n’ont pas connu d’exécution militaire depuis celle du soldat John Bennett, pendu pour viol et tentative de meurtre en avril 1961, selon le Centre américain d’information sur la peine de mort . Le chef du Pentagone a communiqué, lui, sur la date de la dernière mort par peloton d’exécution, le déserteur Eddie Slovik, en 1945. Cela a permis à Pete Hegseth, qui souhaite une armée davantage tournée vers la guerre, d’enfoncer le clou de sa martialité : « J’aime la mentalité qu’on avait pendant la Seconde Guerre mondiale qui consistait à gagner, à tenir bon quand on était attaqués. »

Nidal Hasan, musulman américain, est l’auteur d’une tuerie - 13 morts et 32 blessés - en novembre 2009. À quelques semaines d’être envoyé en Afghanistan, selon le Washington Post, ce psychiatre militaire avait ouvert le feu dans la base de Fort Hood, au Texas, pour empêcher les soldats de participer à une guerre qu’il jugeait « illégale » . Considéré comme un loup solitaire des djihadistes d’al-Qaïda, il a été condamné à mort en 2013.

Touché à la colonne vertébrale durant la fusillade, Nidal Hasan est resté handicapé et se déplace en fauteuil. Si le Pentagone envisage de le « faire fusiller par des soldats », trois exécutions par armes à feu ont aussi eu lieu en Caroline du Sud en 2025 et trois autres dans l’Utah depuis 1977, cette méthode, rare, restant cantonnée à cinq États.

Lire aussi : Exécution ratée de Christa Pike : les États-Unis, coutumiers du fait

Après la dernière exécution publique du pays, celle de Rainey Bethea au Kentucky en 1936, les Américains ont décidé d’arrêter ce genre de spectacle morbide. Près de 20 000 personnes s’étaient pressées dans une atmosphère de fête à la pendaison de cet Afro-Américain condamné pour le viol et le meurtre d’une femme blanche. En 2001, l’exécution du terroriste d’Oklahoma City (168 morts), Timothy McVeigh , a mis en évidence le virage pris par l’opinion publique : la majorité des 2 000 survivants ou proches autorisés à assister à son injection létale ont refusé et 73 % des personnes interrogées lors d’un sondage ont estimé que son exécution ne devait pas être diffusée à la télé.

L’annonce de Pete Hegseth a choqué au milieu des interrogations éthiques et juridiques qu’elle soulève.

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