« Il n’y avait aucun humain » : admise à l’hôpital pour une opération, elle se retrouve seule dans les couloirs
Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », Marie Ramage-Travers (Ille-et-Vilaine) partage cette histoire personnelle après une hospitalisation :
« Vendredi 9 octobre 2026, j’étais convoquée à 6 h 30 dans un hôpital privé pour une opération nécessitant une anesthésie générale.
À l’heure indiquée, je franchis les portes et me retrouve dans un hall « d’accueil »… vide de tout humain (1) . Démunie, et angoissée, je m’interroge puis m’approche d’une borne automatique. Après avoir vérifié que j’étais au bon endroit, devant cette machine qui était censée apaiser mes angoisses, calmer mes peurs et m’aider à me guider, j’ai dû entrer le code que j’avais reçu quelques jours plus tôt, sur mon téléphone. Ma stupeur et ma sidération ont été à leur comble quand j’ai vu s’afficher la mention suivante : « Prenez l’ascenseur, 1er étage, chambre 111 F » .
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Mais je n’en avais pas fini avec la « déshumanisation ». Au premier étage, je n’ai trouvé aucun humain censé m’expliquer la marche à suivre. Dans la chambre indiquée, sur le lit qui m’est attribué, j’ai trouvé la tenue de bloc et une notice pour m’expliquer la marche à suivre.
Ce n’est qu’au bout de cinq minutes, que j’ai entendu un infirmier. Je suis allée le voir, en tenue de bloc, et je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire mon émotion avec des sanglots dans la voix. Plus tard, tous les humains qui m’ont accompagnée ont été formidables. […] Même si j’ai croisé le même infirmier que le matin dans un couloir… douze heures plus tard.
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Au-delà de la déshumanisation consécutive à la perte d’un emploi à l’accueil, sans doute au profit d’actionnaires dont la rapacité est à questionner, la capacité pour de nombreuses personnes à suivre le protocole exposé est à interroger.
Quel est ce monde dystopique que l’on nous propose ? Quelle idée a germé dans l’esprit de personnes sensées pour imaginer qu’une borne d’accueil pourrait remplacer n’importe quel humain ! Un hôpital privé serait-il privé de toute humanité, privé de bon sens ?
Ah oui ! Cerise sur le gâteau, il m’a fallu payer un dépassement d’honoraires pour l’anesthésie… »
(1) Dans cet hôpital, le service des admissions, avec du personnel dédié, ouvre à 7 heures.
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