25 % du marché européen : la voiture électrique passe déjà un nouveau cap historique
Au mois de mars 2026, la voiture électrique venait de dépasser le cap des 20 % de part de marché dans l’Union européenne : une voiture neuve sur cinq était électrique. Quatre mois plus tard, on célèbre déjà le passage d’un nouveau cap. Il ne faudrait cependant pas crier victoire trop vite.
Selon les données publiées par E-Mobility Europe, reprises par Reuters le 24 août 2026, la voiture électrique à batterie (BEV) a représenté 25,7 % des ventes de véhicules neufs à l’échelle des 16 principaux marchés européens. Mais ce chiffre mérite d’être pris avec des pincettes. On vous explique pourquoi.
224 266 voitures électriques ont été immatriculées en Europe sur le seul mois de juillet (+13,6 % sur un an). Cela représente même près de 1,5 million de véhicules électriques immatriculés depuis le début de l’année (+30 % par rapport à 2025). De quoi conclure que la transition s’accélère, portée notamment par les prix élevés du pétrole, les aides publiques et l’arrivée de modèles plus abordables.
Cependant, les chiffres présentés par E-Mobility Europe ne portent que sur 16 pays, là où habituellement, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) communique sur 27 pays. Même si ces 16 pays représentent 90 % des ventes du continent, il peut être nécessaire d’attendre la confirmation de la donnée habituellement utilisée comme référence.
Même si ces autres marchés européens sont plus limités en nombre d’exemplaires, la part des véhicules électriques y est également bien moindre. Dans tous les cas, on doit quand même dire que la voiture électrique flirte avec les 25 %, même si le taux se révèle un peu plus bas qu’annoncé.
Si l’Europe dépasse ce seuil, c’est en grande partie grâce aux deux plus gros marchés automobiles (en volume) :
Sans surprise, les marchés du Nord de l’Europe et du Benelux continuent de faire la course en tête avec des taux de pénétration record, même si les volumes sont moindres. Le Danemark frôle ainsi les 80,1 % des ventes en 100 % électrique sur le mois, suivi par la Finlande (52,6 %), les Pays-Bas (47,3 %), la Belgique (42,8 %) et la Suède (42,6 %). La Norvège reste à 97,6 % d’électrique, mais le pays n’est comptabilisé que dans l’Europe élargie.
Mais cette transition européenne se fait toujours à deux vitesses et reste très dépendante du soutien politique. L’Italie fournit une nouvelle fois l’illustration parfaite : après la fin des incitations à l’achat locales, la part de marché du 100 % électrique s’y est effondrée en juillet à 5,9 % (contre 10,1 % un mois plus tôt). On pouvait croire que le marché avait enfin décollé, comme ailleurs, mais ce n’est apparemment pas encore le cas.
À l’Est, des pays comme la Pologne (4 %) et la République tchèque (7,5 %) peinent également à décoller. Le marché électrique reste vulnérable aux arbitrages budgétaires des gouvernements : incitations pour les véhicules électriques, taxation des véhicules « polluants » ou même fiscalité des carburants fossiles.
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