Saint-Pierre-et-Miquelon : 5 choses à savoir sur l’archipel où Emmanuel Macron est en déplacement
Il l’a affirmé dès son arrivée. Saint-Pierre-et-Miquelon, en plein Atlantique Nord, est un territoire « français » et « attaché à la France » , a martelé le président de la République Emannuel Macron, en déplacement sur l’archipel. Il réplique ainsi à une carte postée par Donald Trump qui couvre toute la région du drapeau des Etats-Unis.
Le chef de l’État est en visite sur le petit archipel, à 4 300 kilomètres de Paris, où il doit rencontrer ce dimanche le Premier ministre canadien Mark Carney à Saint-Pierre, une première dans l’histoire locale, à quelques kilomètres des côtes canadiennes et quelques jours de mer du Groenland, nouvel enjeu stratégique autour de l’Arctique..
L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, situé au large du Canada, tire son nom des deux communes qui le composent. Au sud, l’île de Saint-Pierre abrite près de 90 % des 6 000 habitants de l’archipel, sur seulement 26 km2. Un chenal d’environ 5 km de large la sépare de Miquelon, un territoire réunissant trois presqu’îles reliées par un isthme sableux.
Saint-Pierre-et-Miquelon compte aussi plusieurs territoires inhabités : l’île aux Marins, l’île aux Pigeons, l’île aux Vainqueurs et le Grand Colombier.
En 1536, le navigateur français Jacques Cartier fait étape sur l’archipel et nomme son île principale Saint-Pierre , du nom du saint patron des pêcheurs. À cette période, des pêcheurs venus de l’Hexagone s’installent sur ce territoire connu comme la côte française de Terre-Neuve.
Au début du XVIIIe siècle, Saint-Pierre-et-Miquelon devient une colonie britannique après la signature du traité d’Utrecht. L’archipel ne reviendra définitivement à l’Hexagone qu’en 1815. Colonie, territoire d’outre-mer de l’Union française, collectivité territoriale à statut particulier… En deux siècles, le dernier territoire français d’Amérique du Nord a souvent changé de statut.
Aujourd’hui, comme la Polynésie française ou Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon a le statut de collectivité d’outre-mer. Ainsi, l’archipel ne fait pas partie intégrante de l’Union européenne. Bien que ses habitants disposent de la citoyenneté européenne et aient l’euro pour monnaie, cette collectivité ne fait pas partie de l’espace Schengen .
La prospérité de l’archipel a longtemps reposé sur la pêche à la morue. Dès le XVIe siècle, des pêcheurs basques, bretons et normands ont rejoint ce territoire de l’Atlantique nord pour exploiter les riches bancs de morue au large de Terre-Neuve. Du XVIIIe au XIXe siècle, c’est l’âge d’or de cette activité. Des milliers de tonnes de morue sont pêchées et exportées vers l’Europe et les Antilles.
Après la Seconde Guerre mondiale, la concurrence internationale, la mécanisation et la pêche industrielle rendent Saint-Pierre-et-Miquelon moins compétitif. En 1992, le moratoire instauré par le Canada sur cette pêche en raison de la diminution des stocks de morues marque un véritable coup d’arrêt. Saint-Pierre-et-Miquelon s’est depuis diversifié et se tourne vers la pêche au flétan.
Une autre activité fut lucrative pour les deux îles : le commerce de contrebande de boissons alcoolisées, à l’époque de la prohibition aux États-Unis, entre 1919 et 1933.
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