ENTRETIEN. Présidentielle 2027 : pourquoi les ingérences russes ciblent seulement les candidats du « bloc central »
Les campagnes de désinformation en provenance de la Russie ont démarré dès cet été, plus tôt que ne l’estimaient les spécialistes. Sans surprise, elles se concentrent sur l’élection présidentielle à venir . Mais, pour l’heure, seuls Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe sont ciblés, alors que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont épargnés. Frédéric Charillon, professeur en science politique à l’université Paris Cité et directeur de l’Observatoire des stratégies d’influence à l’Essec, décrypte les motivations du Kremlin.
Pourquoi le « bloc central », qui s’étend du PS aux LR, fait-il particulièrement l’objet de fausses informations ?
D’abord, parce que l’objectif premier de la Russie est de déstabiliser les démocraties libérales européennes. L’élection d’un candidat « consensuel » ne sert pas leurs intérêts, contrairement aux candidats dits « antisystème ». C’est une constante dans tous les pays où la Russie a tenté de faire de l’ingérence par la désinformation numérique : prouver que la démocratie ne fonctionne plus. Il faut garder en tête la déclaration de Medvedev de 2024, assumant que la Russie allait aider les partis d’opposition et antisystème « apertum et secretum » (ouvertement et secrètement). Par ailleurs, de...
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