« La Révolution n’est pas un modèle pour agir dans le présent » : Jean-Christian Petitfils décrypte 1789
« La Révolution est au cœur de mon travail intellectuel. C’est par là que j’ai commencé. C’était l’objet de ma thèse, soutenue en 1971 : “Les idées politiques et sociales du Comte de Montlosier, un révolutionnaire”. » Face à moi, dans ce café parisien, Jean-Christian Petitfils s’enflamme. Lui, d’ordinaire si calme et posé, replace La révolution française, son nouveau livre (un ouvrage massif de près de 1000 pages), dans son parcours. « J’ai commencé par-là, puis je me suis plongé dans l’histoire de la modernisation de l’État sous les Bourbons, de Henri IV à louis XVI. C’était la science politique de l’Ancien Régime. En somme, mon œuvre raconte l’impossible réforme des institutions royales devenues trop rigides. La Révolution provient de cette contradiction. »
En se plongeant dans le récit fleuve de Jean-Chritan Petitfils, le lecteur change de dimension. Il retrouve les préoccupations quotidiennes du peuple et sa soif d’idéal : le désir ardent de participer au processus de décision politique. Les femmes s’y impliquent comme tous. Le livre restitue surtout la compétition effrénée pour le pouvoir. Tout se joue au sommet de l’État mais en relation direct avec les masses, tantôt manipulées, tantôt exaltées mais toujours actrices cruciales de la vie publique. Page après page surgissent les princes, les doctrinaires, les sans-culottes, les clubs, la garde nationale et les prêtres réfractaires, les émigrés, les rebelles de Vendée et d’ailleurs. Trois légitimités s’affrontent : celle du roi, celle de la nation et celle du peuple, qui se mettent en place progressivement à partir du moment ou Louis XVI réunit la première assemblée de notables, le...
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