La vidéo du jour. « J'aime bien me faire mal » : Lucille Germain, du biathlon au trail, retrouver le plaisir du sport
Après une carrière en biathlon au niveau national, Lucille Germain a dû réapprendre à aimer l'effort. Installée à Bozel (Savoie), la traileuse vainqueure de la MCC raconte les années difficiles du haut niveau et sa reconversion vers le trail et la montagne.
« Je suis sortie de la bulle dans laquelle je m’étais enfermée », confie Lucille Germain, 27 ans, ancienne biathlète qui s'est tournée vers le trail running. Originaire des Vosges, un endroit qu'elle décrit comme « hyper beau, sauvage, bien vallonné », elle passe son enfance sur des skis avant d'intégrer le circuit national de biathlon . Mais progressivement, la mécanique s'enraye. Alors qu'elle vise une place en équipe de France, le manque d’accompagnement dans la préparation la laisse livrée à elle-même, notamment dans la gestion de son alimentation. « Moins manger, c'était pour moi un gain de performance. Je suis rentrée dans un cercle vicieux. On me disait : "Ah, t'as perdu du poids !" Et moi, j'étais contente, alors que ça ne faisait qu'empirer. »
L'athlète puise de plus en plus dans ses réserves, jusqu'à l'épuisement. « Je n'avais plus de force, j'avais perdu du poids, je finissais les courses en pleurant… c'était dur mentalement. Mes parents m'ont vue en baver. » Elle décide alors de quitter la discipline pour basculer vers le trail, par pur plaisir. « Cette année-là, je voulais vraiment faire ce que j'avais envie, découvrir autre chose, aller en montagne. » Six années passées au sein d'une équipe indépendante lui permettent de reconstruire un staff, une méthode, « sans refaire les mêmes erreurs qu'en biathlon ». Depuis 2025, elle évolue sous le maillot du Team Nnormal, chapeautée par Kilian Jornet , qui regroupe plusieurs sportifs internationaux.
Chaque hiver, Lucille Germain troque désormais ses baskets contre une paire de skis et travaille comme monitrice de ski nordique au ski club de Bozel. « Physiquement, ça fait du bien parce que c'est moins de chocs. Et mentalement, j'ai besoin de faire autre chose, d'avoir cette fraîcheur mentale en avril. » Une coupure salutaire, qui n'efface pas pour autant les questions propres au haut niveau, notamment la gestion de la pression. « Avant je n'acceptais pas la pression, j'avais du mal à la vivre, j'avais mal au ventre, je ne faisais que d'y penser. Finalement, il faut comprendre que c'est quelque chose qui nous accompagne, essayer de l'accepter, de la jauger. »
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Avec au bout du compte, l’envie de se dépasser, comme lorsqu’elle court un Kilomètre vertical , une course de 1 000 mètres de dénivelé positif à gravir le plus vite possible. « Ce que je recherche dans ce type d'effort ? Le goût du sang. C'est horrible, mais je sais que j'aime bien. J'aime bien me faire mal. »
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