Des collectifs du Vaucluse dénoncent le concert du rappeur Naps condamné en première instance pour viol, à Châteaurenard
Nicolas Georgeault Publié le vendredi 14 août 2026 à 20h45 Mis à jour le samedi 15 août 2026 à 10h09
Ce samedi 15 août, le rappeur Naps doit chanter dans la boîte de nuit La Station à Châteaurenard. Une dizaine de collectifs dénoncent le choix de l'artiste marseillais condamné en première instance pour viol à sept ans de prison. Il a fait appel et a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
C'est un showcase qui est vivement dénoncé. Le rappeur Naps doit se produire ce samedi 15 août dans la boîte de nuit La Station à Châteaurenard, située à une vingtaine de minutes d'Avignon. Une dizaine de collectifs dénoncent le choix de l'artiste. Nabil Boukhobza, de son vrai nom, a été condamné en première instance pour viol à sept ans de prison. Il est actuellement en liberté sous contrôle judiciaire en attendant son jugement en appel.
Initialement le rappeur était programmé à Canet-en-Roussillon au Naudo Beach club. Il a finalement été déprogrammé au profit d'un autre rappeur marseillais, Alonzo. Naps a finalement trouvé une solution de repli dans la boîte de nuit La Station.
Un mail, que nous avons pu consulter, a été envoyé ce vendredi 14 août au matin, signé par onze collectifs du Vaucluse, pour demander "la déprogrammation" du showcase. " Convier un agresseur, c'est légitimer la violence contre les femmes", peut-on notamment lire. Un peu plus loin, les collectifs interrogent : " Comment imaginer que les femmes puissent être en sécurité dans votre établissement alors que vous y faites produire de tels artistes ?" Le mail est resté lettre morte, nous indiquent les associations.
"On considère qu'il y a suffisamment d'artistes en France pour ne pas l'inviter ", complète Justine, du collectif NousToutes 84, interrogée par ICI Vaucluse.
Les collectifs se sont particulièrement mobilisés via les réseaux sociaux. Dans des stories Instagram, on peut lire des échanges de messages : "Vous faites et donnez de l'argent à un homme qui a commis des vss (violences sexistes et sexuelles). Vous [les] cautionnez" Avant d'écrire un peu loin : " On ne sépare pas l'homme de l'artiste ".
Des messages dans les commentaires sous la publication ont également été pointé du doigt. Notamment, en réponse à un commentaire ironique demandant si "l'entrée est consentante ?" , la réponse de la boite de la nuit " Oui, totalement consentante. Et rassurez-vous, personne ne vous obligera à entrer non plus" est jugé déplacé selon Justine, du collectif NousToutes.
Sollicitée, la discothèque ne nous a pas répondu. Mais sur Instagram, La Station prend la parole dans des messages privés rendus publiques, se défend et assure que "programmer un artiste ne signifie en aucun cas cautionner, minimiser, ou approuver des faits de violences sexuelles. La Station condamne évidemment de tels actes. Par ailleurs la décision que vous évoquez fait l'objet d'un appel et la procédure judiciaire suit son cours."
Gisèle Pelicot est arrivée ce lundi sous les applaudissements au palais de justice de Nîmes pour assister à la première journée du procès de l'un de ses violeurs présumés.
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