Jean-Luc Mélenchon au défi de réinventer sa campagne face à des sondages flatteurs
Des milliers de personnes ont afflué tout le week-end dans la Drôme. Les universités d’été de La France insoumise organisées chaque année à Châteauneuf-sur-Isère ont pris une saveur particulière cet été, en pleine préparation de l’élection présidentielle. Ce n’est pas un hasard si Jean-Luc Mélenchon prend la parole ce dimanche matin, en clôture de l’événement.
Pour le candidat lancé dans sa quatrième course à l’Élysée, l’enjeu est de taille. Après un début de campagne salué par bon nombre d’observateurs, pour qui l’ancien sénateur a su prendre de l’avance sur ses concurrents de gauche avec un premier meeting réussi à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon va devoir prouver que ce succès peut s’inscrire dans la durée.
Car pour la première fois, il est donné très haut, très tôt. Un sondage Elabe paru cet été créditait le candidat de La France insoumise de 16 % d’intentions de vote, loin devant Raphaël Glucksmann (10,5 %) et Marine Tondelier (3,5 %). Dans d’autres scénarios, il est autour de 14 ou 15, rarement en dessous. Pour rappel, en août 2021, un an avant la précédente présidentielle, il ne dépassait pas la barre des 10 % (9 % pour l’Ifop ou 8 % pour Ipsos) . Soit moitié moins qu’aujourd’hui.
De fait, cinq ans plus tard, l’hypothèse d’une qualification au second tour n’est plus si inconcevable. Preuve en est : la candidature du tribun est prise très au sérieux, y compris par ses opposants. « Je pense que Jean-Luc Mélenchon sera à plus de 20 % au premier tour » , prédisait ainsi Gérald Darmanin lundi dans une interview à La Voix du Nord .
Peu avant, c’était la ministre de la Transition écologique Monique Barbut qui reconnaissait dans Libération que Jean-Luc Mélenchon est « celui qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions économiques et sociales » . Un coup de pouce bienvenu pour l’ex-député des Bouches-du-Rhône, qui a tout de suite remercié la ministre pour sa « réponse argumentée et respectueuse » .
Ces compliments et ces remontées de terrain plutôt positives soulagent naturellement l’état-major insoumis, après des mois de polémiques et la crainte que l’image du candidat soit définitivement ternie. Mais elles donnent aussi, paradoxalement, quelques sueurs froides. Et si la position de leader, habitué aux remontadas inespérées, était lourde à porter ? Le 7 juin, en marge de son meeting à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon lui-même s’étonnait des réactions des militants, qu’il assimilait plutôt à une ambiance de « fin de campagne » . « Tout le monde s’inquiète en disant : “Ça va se retourner”. Il y a les optimistes et les autres… » , philosophait-il alors en petit comité.
Le risque étant que le candidat s’épuise, que son aventure se grippe et que le souffle retombe. Dans l’histoire des campagnes présidentielles, beaucoup de prétendants à l’Élysée en ont fait l’amère expérience.
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