Perpignan. Le géant du photoreportage Raymond Depardon au festival Visa pour l’image
Raymond Depardon est l’invité exceptionnel du festival Visa pour l’image qui se termine le 13 septembre à Perpignan. L’occasion pour le photoreporter de s’inquiéter pour l’avenir du métier, tout en encourageant la brillante jeune génération. Avec aussi quelques conseils à la clé.
« La récompense, ça n’a jamais été mon truc, j’ai longtemps repoussé ma venue à Perpignan. » Mais la force de persuasion de Jean-François Leroy, fondateur du festival Visa pour l’image décédé au tout début de cette 38 e édition , aura finalement eu raison de Raymond Depardon . 84 tirages argentiques présentés en l’église des Dominicains revisitent ses plus grands reportages, tout en insistant sur son travail d’auteur. Souvent au grand-angle et toujours en noir et blanc.
Notre cinéaste a bien sûr opté aussi pour la caméra : « Mon enfance dans la ferme du Garet m’avait appris à écouter mes parents, rappelle-t-il. Lors des discussions du dimanche dans les fermes voisines, chez les cousins, ça parlait, ça parlait… Mon Dieu quelle merveille ! Et je me suis dit après tout, c’est peut-être aussi cela qu’il faut garder, il faut filmer la parole. »
Mais rien ne dépasse la photo. Raymond Depardon se souvient de cet âge d’or, avec le regretté Gilles Caron et cet « étrange personnage » : le vendeur de photos de l’agence Gamma. « Il avait une serviette, un costume et partait avec nos photos comme un vendeur d’assurance… On attendait son retour comme si on allait à l’échafaud. » Heureusement, ces années 1970-1980 sont plus que bénéfiques. Une aubaine pour notre fils de paysan qui bien que ne parlant aucune langue étrangère fera ainsi « trois fois le tour du monde » avec pour seul diplôme son certificat d’études.
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