Jean-Luc Mélenchon et l'effacement de la dette : deux mensonges et une omission
Jean-Luc Mélenchon a fait du simplisme économique une arme redoutable de conquête du pouvoir.
Qu'importe si au passage, il doit tordre la réalité, multiplier les mensonges, contrevérités et omissions.
Le dernier épisode en date : l'effacement d'une partie de la dette publique, ou son gel.
"Il suffit d'y aller, la prendre et la foutre au feu" ou variante "la mettre au frigo", martèle le leader de la France insoumise.
Alors que le pays plie sous une dette publique qui approche les 117 % du Produit intérieur brut, il suffirait donc de gommer une partie de ce fardeau pour permettre à l'Etat de retrouver un peu d'air, financer la transition écologique, mieux rémunérer les enseignants ou engager davantage de pompiers.
La partie en question ? Les quelque 600 milliards d'euros d'obligations publiques détenues par la Banque de France à la fin juillet - soit près de 20% de la dette tricolore -, d'après les dernières statistiques révélées par l'institution.
Cette somme est le résultat des deux programmes d'achats de titres publics pilotés par la Banque centrale européenne (BCE) au cours de la dernière décennie : le PSPP, Public Sector Purchase Programm e, imaginé en 2015 au lendemain de la crise des dettes souveraines, et le PEPP, Public Emergency Purchase Program , lancé au moment du Covid pour permettre aux Etats de la zone euro de maintenir à flot leurs économies.
Concrètement, chaque année, le Trésor français verse à la Banque de France les intérêts qu'il lui doit, comme il le fait avec n'importe quel créancier.
Parallèlement, l'institution dont l'unique actionnaire est l'Etat, règle au Trésor des dividendes et paye rubis sur ongle l'impôt sur les sociétés.
Ainsi, la Banque de France a versé dans les caisses de l'Etat près de 2,2 milliards d'euros l'an passé et un peu plus de 36 milliards d'euros au total entre 2015 et 2025, d'après son dernier rapport annuel.
Une mécanique qui fait dire aux défenseurs de l'effacement que c'est un jeu à somme nulle, puisque ce qui part d'un côté rentre de l'autre.
Abracadabra : il suffirait donc de gommer cette ligne pour résoudre une partie du problème.
Simplissime… Sauf que ce tour de passe-passe se heurte d'abord à un verrou juridique, première omission du discours du leader insoumis.
Même si l'actionnaire de la Banque de France est l'Etat, l'institution parisienne est l'une des briques de l'Eurosystème.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.