Reprises de Gims, vidéos décalées… Dans l’Allier, ces « bonnes sœurs » stars du web cassent internet et ses codes
Tout est parti d’une intuition. « Ça fait plusieurs années qu’on a un peu ce désir de creuser l’aspect de la communication en congrégation » , raconte sœur Karol Joseph, en charge de la communication pour le prieuré Notre-Dame de la Miséricorde de Vichy.
C’est au contact des jeunes, notamment lors des Journées mondiales de la jeunesse, qu’elle a vu « cette influence du monde numérique » s’imposer. La communauté décide alors de refondre son site, de soigner son compte Instagram et de confier le tout à une petite commission de trois sœurs, relayée localement par les autres maisons de la congrégation.
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Le déclic et le début du « buzz » sur les réseaux sociaux viendront notamment d’une vidéo dans laquelle une religieuse tombe au sol sans être rattrapée, l’occasion de délivrer ce message avec humour : « Faites confiance à Dieu plutôt qu’aux hommes. »
Une publication partagée par Sœurs Apostoliques de Saint Jean (@soeursapostoliques.desaintjean)
Plus de 500 000 vues. Depuis, une reprise de Maître Gims tournée à Pâques a, elle aussi, cartonné. « On ne le fait pas pour la popularité et, moi, ça m’a complètement dépassée » , sourit sœur Karol Joseph, qui avoue « mieux comprendre les codes » au fil des publications : reprises de K-pop, séquences en montagne, clins d’œil sur le sport. Une production épaulée par des jeunes « qui nous suggèrent des choses » . Face à un emballement parfois « incontrôlable » , les sœurs ont beaucoup discuté entre elles pour poser un cadre devenu indispensable.
Derrière la légèreté affichée dans les vidéos, persiste une conviction. Pour sœur Foucauld-Marie, être présentes sur les réseaux relève de l’évidence : « La vie religieuse, elle s’adapte aussi au monde d’aujourd’hui, explique-t-elle. C’est aussi avancer avec son époque et accepter que la modernité passe par là. » Et c’est précisément là que les clichés tombent. « Des sœurs qui sont sur les réseaux, tout de suite, ça vient casser le côté un peu sévère ou austère d’une image qu’on peut avoir » , observe-t-elle. Les plus belles séquences, ajoute-t-elle, ne sont d’ailleurs jamais préméditées : « On arrive à saisir l’instant T. » Les jeunes, eux, répondent présents : certains lycéens « sont venus à l’aumônerie » grâce à ces vidéos.
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Mais l’effet se mesure jusque dans la rue. « On habite près des bords de l’Allier, et depuis qu’on est sur les réseaux sociaux, beaucoup de personnes nous abordent et viennent nous parler au cours de nos promenades » , confie sœur Marie-Pierre. Jusqu’au maire de Vichy, devenu « follower ». « Ça nous sort de notre cloître, de notre couvent, pour nous ouvrir aux dimensions de l’humanité et du monde » , s’enthousiasme-t-elle.
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Reste un fil rouge, jamais bien loin.
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