IA, drones, reconnaissance faciale: Amnesty dénonce une surveillance technologique «de masse» en Argentine
En Argentine, l'État ne cesse d'accroître ses capacités de surveillance de la population, notamment grâce aux nouvelles technologies. C'est ce qu'affirme Amnesty International dans un nouveau rapport publié mercredi 19 août 2026. Réformes institutionnelles, reconnaissance faciale, drones dans les manifestations et acquisition de technologie de surveillance américaine : le gouvernement du président Javier Milei a décuplé ses capacités de surveillance avec un impact négatif sur la liberté d'expression.
Écouter - 01:21 Par : RFI Publicité Lire la suite Reconnaissance faciale, drones survolant les manifestations, outils de renseignement automatisés en source ouverte, surveillance des réseaux sociaux... Matt Mahmoudi, chercheur et conseiller sur l'intelligence artificielle et les droits humains à Amnesty International, égrène les capacités des autorités argentines dans le domaine de la surveillance de sa population.
Ce mercredi 19 août 2026, l'ONG de défense des droits humains s'inquiète, dans un rapport, de l'expansion d'une « surveillance généralisée » des citoyens par l'État, et du renforcement d'une « infrastructure techno-autoritaire de contrôle social ».
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En deux ans, le président argentin d'extrême droite et populiste Javier Milei a modifié le cadre légal et investi 1,2 million de dollars pour acquérir des outils d'espionnage américains. Aujourd'hui, Matt Mahmoudi parle de surveillance de masse, notamment des journalistes, des migrants, des défenseurs des droits humains.
« Comme les gens ont la sensation d'être de plus en plus vus par les drones et les caméras de reconnaissance faciale, ils sont obligés de modifier leur comportement, explique le chercheur. Soit en prenant des précautions en participant aux manifestations, soit en choisissant de ne pas y aller. »
Un arsenal de surveillance qu'il présente comme quasi impossible à contourner. « La seule façon de préserver son anonymat, de pouvoir participer librement à des manifestations, à des actions de militantisme social, à des rassemblements ou encore d'exprimer ses opinions où on le souhaite en Argentine , à l’heure actuelle, serait de mettre en place des mesures de protection, des garde-fous contre ces technologies », poursuit Matt Mahmoudi.
Une voie loin d'être appliquée par les autorités. Le gouvernement rejette les accusations de surveillance de masse, et revendique même ces investissements dans les technologies d'espionnage, invoquant la sécurité d'État.
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