"Ce qui est arrivé aux réfrigérateurs pourrait arriver sur les véhicules": alors que les voitures électriques chinoises s’imposent, l'inquiétude grandit face au risque de prise de contrôle à distance
Alors que la Chine a débarqué en force au Mondial de l'auto 2026, la popularité des véhicules électriques de Pékin en Europe en inquiète plus d'un, notamment pour des raisons de cybersécurité. Mais faut-il éviter d'en voir circuler en France, comme le pense le ministre délégué chargé de l'Industrie? Elles gagnent du terrain en Europe et le Mondial de l'auto 2026 le montre bien . Les voitures électriques chinoises ont envahi la 91ème édition du salon de l'automobile, qui s'est ouverte le 12 octobre. Mais cette démonstration de force, alors que les modèles de l'Empire du milieu séduisent de plus en plus les consommateurs, ne fait pas que des heureux.
Au contraire, elle fait même peur à certains. "On a plutôt intérêt à ne pas avoir de véhicules qui pourraient être commandés depuis la Chine", a déclaré Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie, sur RMC Story le 13 octobre. Il estime en effet que ces voitures pourraient être piratées à distance par leur pays d'origine lui-même.
Et il n'est pas le seul à le penser. "Technologiquement, c'est tout à fait faisable", nous affirme Ivan Rogissart, directeur avant-vente Europe du Sud chez Zscaler, société spécialisée dans la sécurité du cloud. Car nous sommes aujourd'hui dans un monde extrêmement développé et de plus en plus connecté, rappelle-t-il.
Les voitures n'ont pas échappé à cette transformation, intégrant de plus en plus de logiciels. "On est passé de quelque chose qui était très mécanique à quelque chose qui est purement logiciel, notamment sur tout ce qui est régulation des freins, des accélérations", rappelle Ivan Rogissart. Elles ne sont plus seulement dotées de moteurs et de rétroviseurs, mais intègrent aussi des caméras, des micros et une bardée de capteurs.
Les professionnels de l'automobile ont même créé un acronyme pour définir cette réalité: SDV, pour Software Defined Vehicule, autrement dit un véhicule défini par le logiciel. Une simple mise à jour peut introduire une fonction, en brider une autre, tirer un meilleur parti d'un composant déjà présent, bref le potentiel est logiciel et un véhicule peut évoluer énormément après sa sortie d'usine.
"Aujourd'hui, un véhicule connecté, c'est un ordinateur sur roues. On a un équipement roulant qui est capable de collecter des données de localisation, des images, des vidéos", abonde Yoann Delomier, responsable de la stratégie d'entreprise pour les technologies opérationnelles chez l'éditeur de logiciels de cybersécurité Wallix.
Cette énorme collecte de données inquiète d'ailleurs la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil). Fin juin, elle a mis à jour ses recommandations sur l'utilisation des données de localisation des voitures connectées par les professionnels du secteur, à commencer par les constructeurs.
Mais ce n'est pas le plus gros problème avec les voitures électriques. "On a surtout une sorte d'équipement industriel qui embarque un moyen de connexion avec le constructeur", pointe Yoann Delomier.
Mises à jour, opération de maintenance, appels d'urgence... les voitures électriques sont connectées pour plusieurs raisons.
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