Mouvement lycéen : que comprendre des annonces d’Édouard Geffray ?
Invité du journal de TF1 jeudi soir, le ministre de l’éducation nationale Édouard Geffray a fait plusieurs annonces pour tenter de désamorcer la colère des lycéens, qui s’exprime depuis la mi-septembre par des blocus d’établissement et des manifestations.
Il a notamment annoncé que 3 000 professeurs remplaçants allaient être déployés à partir de ce vendredi 9 octobre dans les lycées où la situation est la plus critique, espérant ainsi répondre à l’une des revendications du mouvement. Si plusieurs syndicats lycéens engagés dans le mouvement de contestation ont déjà fait savoir qu’ils trouvaient cette mesure insuffisante, d’autres questions affluent depuis l’annonce du ministre : d’où viennent ces 3 000 enseignants ? Comment sont-ils soudainement mobilisés ?
Il s’agirait de titulaires sur zone de remplacement (TZR), comme l’a indiqué le ministre de l’enseignement supérieur Philippe Baptiste ce vendredi matin sur France Info. Avec les contractuels, ils alimentent un vivier de plusieurs dizaines de milliers d’enseignants affectés au remplacement. « Le TZR a vocation à intervenir dans tous les établissements relevant de sa zone géographique, voire dans une zone limitrophe si l’organisation du service l’exige, afin d’assurer la suppléance et le remplacement des enseignants absents » , précise le site de l’éducation nationale.
Compte tenu de leur statut, leur rémunération est identique à celle des enseignants titulaires. Si chaque TZR est rattaché administrativement à un établissement spécifique, tous ne dispensent pas continuellement des cours, une partie d’entre eux restant dans l’attente d’une affectation.
Jeudi soir, le ministre de l’éducation nationale a admis que ces enseignants avaient été « mal affectés jusque-là » pour justifier leur disponibilité immédiate. Il a par ailleurs indiqué qu’il allait « autoriser les recteurs à recruter plus que ce qui est notamment autorisé » , ce qui représentera « quelques centaines » de professeurs supplémentaires.
« On va également donner plusieurs centaines de milliers d’heures supplémentaires, ce qu’on appelle le “pacte enseignant”, par anticipation aux proviseurs pour qu’ils puissent procéder à des remplacements de courte durée à l’intérieur de l’établissement, avec les professeurs volontaires » , a par ailleurs indiqué Édouard Geffray.
Cette promesse électorale d’Emmanuel Macron a été mise en place à la rentrée 2023, lorsque Gabriel Attal était ministre de l’éducation nationale. Ce dispositif propose des rémunérations supplémentaires aux professeurs en échange de nouvelles missions, dont des remplacements de courte durée d’un professeur absent.
L’annonce du ministre vise donc à donner plus de marges de manœuvre aux chefs d’établissements pour inciter à davantage de remplacements internes, avant de recourir à des contractuels.
Sur le plateau de TF1, le ministre de l’éducation a une nouvelle fois mentionné la plateforme de concertation pour les lycéens, disponible en ligne depuis lundi soir.
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