"Marseille est un phare noir de la criminalité" : une série documentaire retrace l'histoire du narcotrafic dans la cité phocéenne
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Le réalisateur de "Narcorama, il était une fois Marseille", Vincent Hérissé, raconte les liaisons dangereuses que la deuxième ville de France entretient avec le commerce de stupéfiants depuis plusieurs décennies.
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Article rédigé par Isabelle Malin - Propos recueillis par France Télévisions Publié le 18/09/2026 06:10 Temps de lecture : 7min Comment parler de Marseille sans évoquer les règlements de comptes entre gangs qui ensanglantent régulièrement la ville ? Les crimes sur fond de narcotrafic gangrènent la cité phocéenne depuis des décennies, touchant des victimes souvent très jeunes. Une série documentaire intitulée Narcorama, il était une fois Marseille , réalisée par Vincent Hérissé et dont les six premiers épisodes sont diffusés à partir du vendredi 18 septembre sur france.tv , raconte les liaisons dangereuses que cette ville entretient avec le commerce de stupéfiants.
Cette fresque propose une immersion dans l'âge d'or de la French Connection , revient sur la violence des années 1970 et explique comment les trafics de drogue se sont implantés dans les cités. L'enquête, portée par des témoignages de magistrats, de policiers, d'acteurs du milieu et de familles de victimes, remonte aux racines sociales et géographiques du phénomène. Elle interroge également la responsabilité des politiques et décrypte comment, au fil des années, le narcotrafic a changé de visage. Entretien avec le réalisateur Vincent Hérissé sur l'emprise qu'exerce la drogue sur la ville de Marseille.
Franceinfo : Pourquoi commencez-vous votre série en évoquant des victimes de règlements de comptes ?
Vincent Hérissé : Parce que, selon moi, elles sont centrales. Ce sont les morts qui font qu'aujourd'hui on s'intéresse au narcotrafic et qu'on en parle. J'ai commencé la série par la fusillade du Clos la Rose , en 2010, durant laquelle, pour la première fois, un adolescent de 16 ans a été tué par des tirs de kalachnikov. Car c'est à partir de là que les autorités ont semblé découvrir qu'il y avait un problème avec le trafic de drogue. Or, le commerce de cannabis proliférait depuis au moins les années 1990, et était globalement toléré, comme en témoignent des magistrats et des policiers dans le documentaire.
C'est tout de même insensé de se dire que cela arrangeait tout le monde de laisser prospérer ces trafics. On laissait des jeunes des cités vendre de la drogue car, "pendant ce temps-là, ils n'allaient pas casser ou voler dans les centres-villes" , rapporte un témoin dans la série. Or, au fil du temps, ces petits gars sont devenus de véritables organisations criminelles structurées. Et lorsque les règlements de comptes se sont multipliés, tout le monde a commencé à s'agiter. Des CRS sont envoyés dans les cités, alors que les autorités savent que cela ne réglera pas le fond du problème.
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