Chatons, paillettes et Labubu: l'art "mignon" s'expose au Louvre-Lens
Des bébés joufflus aux petits monstres en peluche Labubu en passant par des classiques revisités en paillettes, le musée du Louvre-Lens ouvre ce mercredi au public l'exposition "Trop mignon! L'art du bonheur" , composée d'œuvres se voulant réconfortantes face aux "fracas du monde".
Le parcours raconte, dissèque et interroge l'art "mignon" à travers les cultures, de l'Antiquité à aujourd'hui, avec environ 300 œuvres dont certaines créées pour l'occasion - peintures, sculptures, photographies, vidéos, films, livres...
"Le mignon reste une valeur-refuge (...) Il est partout, même si notre époque ne peut pas vraiment être qualifiée de mignonne", explique Annabelle Ténèze, directrice du Louvre-Lens, qui veut y voir "une autre manière de vivre" malgré le "fracas du monde".
Dans le hall du musée, l'énorme "Mr Rose" tout en rondeurs de Philippe Katerine annonce la couleur.
Tout au long de l'exposition, l'espace est adapté au propos: le visiteur traverse une porte découpée en têtes de chien et de chat, longe des murs arrondis, peut passer par une salle sensorielle avec odeurs et lumières douces, et termine sa visite sur un sol pailleté, le tout en suivant Momo, petit personnage à tête de pêche imaginé par l'artiste Jenny Lelong alias Niniwanted.
Les putti, bambins joufflus et potelés souvent représentés avec des ailes à la Renaissance, mais aussi les animaux et les peluches ont chacun des salles thématiques dédiées.
Dans une autre, remplie de tapisseries et meublée d'un canapé et d'un miroir, l'histoire du rose est racontée. Associé à la féminité, il a été "réinvesti comme un symbole de la défense des droits et de l'égalité", détaille Emilie Girard, directrice des Musées de Strasbourg, où sera présenté le deuxième chapitre de cette exposition.
Le visiteur fait ensuite face aux côtés "plus sombre" du mignon, au travers d'animaux photographiés sur le front, lors de la Première Guerre mondiale ou depuis 2022 en Ukraine, et de son usage "comme vecteur de propagande" par des régimes totalitaires, ajoute-t-elle.
L'exposition interroge aussi sur "l'ambivalence du mignon" dans certaines oeuvres contemporaines, à travers les personnages parfois inquiétants des Gremlins, des Labubu ou encore de Derpy, le petit tigre du monde maléfique du film d'animation K-pop Demon Hunters .
Une place est aussi faite à l'histoire du "kawaii" japonais, mot désormais employé dans le monde entier, ainsi qu'à l'"aegyo" de la vague culturelle coréenne, forme d'expression presque enfantine pour transmettre des émotions positives, diffusée notamment par les stars de la K-pop.
L'artiste Pascal Lièvre revisite en couleurs vives et paillette des tableaux classiques comme "La liberté guidant le peuple".
Son deuxième chapitre, "Trop mignon! La revanche du cute", sera exposé au Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg du 19 février au 29 août 2027.
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