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La responsabilité de la monarchie britannique dans l'esclavage pointée par une enquête du Guardian

RFI ·
La responsabilité de la monarchie britannique dans l'esclavage pointée par une enquête du Guardian

Le Royaume-Uni se penche sur une page particulièrement sombre de son histoire : l’esclavage. Une nouvelle enquête du Guardian parue le 14 septembre révèle l’ampleur de l’implication britannique dans la traite transatlantique des esclaves, et particulièrement celle de la monarchie : des milliers d’investisseurs, des parlementaires, des rois et des reines.

La marque de la Couronne dans la traite des esclaves, c’est une image, mais c’est aussi très littéral. C’est un symbole particulièrement glaçant de cette enquête : une couronne marquée au fer rouge, sur la peau d’Africains réduits en esclavage. C’était la pratique de la South Sea Company, une entreprise soutenue par la monarchie, notamment par la reine Anne. En 1713, elle obtient pour la Grande-Bretagne le droit de fournir chaque année aux colonies espagnoles des Amériques 4 800 Africains réduits en esclavage.

Un autre exemple : la Royal African Company, elle, était directement dirigée par Jacques, duc d’York, qui deviendra le roi Jacques II. La compagnie va transporter au moins 150 000 Africains réduits en esclavage à travers l’Atlantique.

Ce qui devient de plus en plus difficile à dissimuler ou minimiser, c’est l’ampleur de l’implication britannique dans la traite d’esclaves. Les historiens ont identifié environ 13 000 investisseurs dans la traite britannique, avec des informations biographiques détaillées pour environ 10 500 d’entre eux : des parlementaires, des marchands, plus de 1 000 femmes, mais aussi des membres de la famille royale. Et la traite britannique a déporté de force plus de trois millions d’Africains vers les plantations des Amériques et des Caraïbes.

L’enquête du Guardian pose la question qui dérange : que fait la Couronne aujourd’hui de cet héritage ? Le roi Charles III a parlé de l’esclavage comme d’une « atroce tragédie » et soutenu la recherche historique sur les liens de la monarchie avec la traite.

Mais à ce jour, pas d’excuses officielles du gouvernement britannique et pas de discussions sur des réparations. Et il y a un autre symbole très concret de l’histoire coloniale britannique : le fameux Koh-i-Noor , ce diamant venu du sous-continent indien. Camilla n’a pas porté, lors de son couronnement en 2023, la couronne de la reine mère dans laquelle il est serti. Le diamant, lui, est toujours conservé parmi les joyaux de la Couronne.

Et puis il y a les objets issus des conquêtes coloniales, comme les bronzes du Bénin, pillés lors de l’expédition britannique de 1897 et toujours conservés en partie au British Museum. Au fond, pour le Royaume-Uni, c’est une même question qui revient : comment regarder en face son histoire coloniale.

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